Collaborative Robotics, la société fondée par un ancien d’Amazon, vient de présenter la deuxième génération de son robot Proxie. Une machine mobile capable d’identifier seule le travail à faire et de l’exécuter, sans intégration logicielle ni opérateur pour la piloter.

Plus de 12 000 heures de travail réel
Cette génération 2 s’appuie sur les leçons tirées du premier Proxie, qui a déjà accumulé 12 627 heures de fonctionnement dans des environnements de production allant de l’hôpital à l’usine en passant par la logistique. Souvent en service seize heures par jour, le robot a déplacé plus de 18 000 tonnes de matériel et économisé plus de 17 millions de pas à des opérateurs humains sur deux ans.
Le principe maison s’appelle Autotasking. En production, Proxie construit en temps réel un modèle de son environnement, ce que Cobot nomme un real-time world-model. Il s’en sert pour repérer lui-même les tâches à accomplir et les mène à bien de façon autonome, sans logiciel à connecter ni répartiteur humain pour lui distribuer le travail.
Mobilité et dextérité dans une seule machine
Forte de plus de 500 améliorations issues du terrain, la génération 2 est pensée pour la production en série : assemblage simplifié, 40 % de pièces en moins, composants testés sur toute leur durée de vie. Plus compacte pour se faufiler dans les couloirs étroits et les ascenseurs, elle gagne pourtant en force. Elle déplace des chariots de près de 680 kilos et soulève jusqu’à 90 kilos sur sa colonne verticale.
Proxie passe aussi aux batteries lithium-fer-phosphate, jugées plus sûres en milieu industriel, avec une station d’échange automatique pour tourner en continu sans temps mort. Nouveauté importante : une option à deux bras. En s’appuyant sur les derniers modèles d’IA physique pour la manipulation bimanuelle, le robot peut être entraîné rapidement à des tâches complexes comme le réapprovisionnement hospitalier, le kitting en entrepôt, les opérations de laboratoire ou l’alimentation de lignes de fabrication.
Une IA qui tourne sur le robot
Le calcul se fait à bord. L’inférence des tâches s’exécute localement sur Proxie, sans dépendance au cloud pour le cœur du travail. Sa technologie de capteurs ScoutSense observe l’atelier à hauteur d’yeux humains, planifie et séquence les opérations, puis annonce à voix haute chaque action avant de bouger. Une console baptisée Vista donne aux équipes une visibilité en temps réel sur chaque tâche créée, mise en file et terminée, et fait remonter les anomalies avant qu’elles ne perturbent une équipe.
Côté technique, Cobot a élargi ses partenariats avec NVIDIA et AWS. La plateforme NVIDIA Jetson fournit le calcul embarqué pour la perception et la planification, tandis que NVIDIA Isaac Sim et Omniverse servent à simuler les déploiements à partir des données du terrain.
Pourquoi c’est important
Pendant des années, déployer un robot imposait de choisir entre mobilité et dextérité, et exigeait toujours une intégration logicielle sur mesure. En réunissant les deux dans une plateforme conçue de bout en bout, et surtout en supprimant la phase d’intégration informatique, Cobot vise un déploiement en quelques jours. C’est précisément cet obstacle, le coût et la lenteur d’installation, qui freine encore l’adoption des robots de service dans les usines et les hôpitaux.
