Danaher prévoit de mettre à l’échelle début 2027 son premier laboratoire autonome piloté par l’intelligence artificielle. Installé chez Abcam, il combinera des modèles, des instruments scientifiques et une orchestration robotique conçue avec Automata pour accélérer la création d’anticorps et d’autres réactifs.
Une boucle robotisée de conception et de test
Le projet doit automatiser une boucle complète : concevoir un réactif d’affinité, le fabriquer, le tester, puis réinjecter le résultat dans le modèle afin d’améliorer la proposition suivante. Les scientifiques conserveront les décisions clés, tandis que les tâches répétitives de manipulation et de mesure seront coordonnées par le système.
Danaher fixe deux objectifs chiffrés. Le groupe vise un passage de l’idée au réactif validé jusqu’à huit fois plus rapide. Il estime également que la capacité annuelle pourrait être multipliée par dix, en passant de quelques dizaines à plusieurs centaines de réactifs lorsque le laboratoire aura atteint son régime prévu.
Ces chiffres restent des objectifs annoncés avant la mise en service à grande échelle. Danaher précise que le laboratoire est attendu au début de 2027. Chaque conception devra être construite, vérifiée et testée, afin que l’accélération ne supprime pas les étapes de contrôle scientifique.
Plusieurs instruments réunis dans un même flux
Le laboratoire sera basé chez Abcam, spécialiste des anticorps appartenant à Danaher. Il réunira aussi des technologies de Beckman Coulter Life Sciences, Cytiva, Genedata, Integrated DNA Technologies et Molecular Devices. Automata intervient sur l’orchestration des appareils et l’automatisation robotique.
L’enjeu technique ne consiste donc pas seulement à installer un bras robotisé. Il faut relier des instruments conçus par plusieurs entités, normaliser leurs données et permettre à un logiciel de les commander dans le bon ordre. Danaher veut produire des données directement exploitables par les modèles et rendre ses équipements plus simples à intégrer par programmation.
Vers des laboratoires continus, mais supervisés
Les laboratoires autonomes cherchent à réduire les temps morts entre deux expériences. Un système peut préparer une série d’essais, mesurer les résultats et lancer la campagne suivante sans attendre une nouvelle intervention manuelle à chaque étape. Dans la recherche pharmaceutique, ce fonctionnement peut accélérer l’exploration d’un grand nombre de candidats.
Danaher présente ce premier site comme une preuve de concept pour un programme plus large d’instruments intelligents et de flux intégrés. Le groupe évoque des systèmes agents spécialisés capables de simplifier l’utilisation des appareils et d’améliorer la qualité des données.
Le projet ne remplace pas l’expertise humaine. Il déplace une partie du travail vers la définition des objectifs, l’interprétation et les arbitrages scientifiques. Son intérêt dépendra de la fiabilité des mesures, de la traçabilité des décisions du modèle et de la capacité du laboratoire à reproduire ses résultats une fois le volume augmenté.
Sources : communiqué de Danaher et Quartz.
