Destro AI va faire passer son dispositif chez Yusen Logistics de trois à 43 robots mobiles répartis sur deux sites américains. La jeune entreprise ne fabrique pas les machines. Elle fournit la couche logicielle qui coordonne leurs déplacements avec le travail des opérateurs dans des entrepôts de cross-dock.
Le premier pilote, mené dans un site du nord-ouest des États-Unis, utilise trois robots de transport de chariots construits par Miva Robotics. Destro prévoit désormais un déploiement complet de 26 unités sur ce site et un second pilote de 17 robots dans un entrepôt de Californie du Sud, selon les informations recueillies par TechCrunch.
Un logiciel pour coordonner robots, quais et opérateurs
Dans une opération de cross-dock, les marchandises passent rapidement d’un camion entrant à plusieurs véhicules sortants, avec peu ou pas de stockage intermédiaire. Les opérateurs déchargent les colis dans des chariots. Les robots repèrent ensuite les charges complètes et les conduisent vers le bon quai.
La particularité de Destro tient à l’orchestration de l’ensemble du flux. Son système Mothership attribue les tâches aux humains et aux machines, tandis que son logiciel Vision s’appuie sur des modèles vision-langage-action ouverts pour interpréter l’environnement. L’objectif est d’éviter qu’un robot mobile performant reste isolé d’un processus logistique encore piloté sur papier.
Yusen Logistics exploite environ 30 sites aux États-Unis. Son responsable de l’automatisation, Richard Brunelle, explique avoir écarté deux autres solutions : l’une déplaçait les chariots sans gérer le chargement et le déchargement, l’autre proposait une flotte robotisée mais exigeait qu’une personne conserve toute la coordination.
Huit millions de dollars pour étendre le modèle
Destro sort parallèlement de la discrétion avec une levée de fonds d’amorçage de 8 millions de dollars. Base10 Partners et Bonfire Ventures codirigent l’opération, avec la participation de CoFound Partners. La société veut reproduire le même schéma dans d’autres plateformes où les marchandises doivent être redistribuées vite entre plusieurs quais.
Cette approche illustre une voie différente de la course aux humanoïdes. Destro achète des robots existants et concentre ses efforts sur le logiciel d’exploitation. Le pari est que la valeur se trouve autant dans la gestion des exceptions, des priorités et des interactions humaines que dans la mécanique du robot.
Un test concret pour la robotique d’entrepôt
Le passage de trois à 26 machines permettra de vérifier si les gains observés lors du pilote résistent à une flotte presque neuf fois plus grande. Le second site ajoutera un autre environnement, avec ses propres contraintes de circulation et de volumes. Les chiffres de productivité n’ont pas encore été publiés.
Le projet reste limité au transport de chariots. Il ne résout pas les tâches qui demandent une manipulation fine de colis irréguliers. Mais il constitue un déploiement physique mesurable, avec 43 robots annoncés et deux entrepôts identifiés, là où de nombreuses démonstrations d’IA robotique restent confinées au laboratoire.
