Epson commercialise AX6, son premier robot collaboratif à six axes. Disponible depuis le 22 septembre auprès du réseau de distributeurs de la marque, ce cobot complète une gamme jusqu’ici surtout connue pour ses robots Scara et ses bras industriels rapides.
Le constructeur cible les ateliers où opérateurs et robots doivent partager un espace réduit. AX6 utilise des fonctions de limitation de puissance et de force. Après une analyse de risques adaptée à l’application, ces mécanismes peuvent permettre une exploitation sans les barrières physiques traditionnelles qui entourent les cellules robotisées.
Un cobot conçu pour être déplacé et reprogrammé
La structure en fibre de carbone vise à réduire le poids et l’encombrement du poste de travail. Epson annonce une protection IP54 contre la poussière et les projections d’eau, ainsi qu’une compatibilité avec les salles propres ISO classe 5. Ces caractéristiques ouvrent notamment la voie à l’assemblage de précision, aux laboratoires et à certaines opérations pharmaceutiques.
Le projet avait été dévoilé en juin 2025 avec une charge utile de 6 kg, une portée de 900 mm et un poids de 17 kg pour le bras. Epson prévoyait alors un déploiement progressif après de premières ventes au Japon et en Europe. L’annonce de septembre 2026 marque sa disponibilité commerciale dans le réseau Epson Robots.
Des connexions Ethernet et pneumatiques placées en bout de bras doivent simplifier l’installation de préhenseurs ou de systèmes de dosage. Un anneau lumineux multicolore indique l’état de la machine. AX6 accepte des alimentations de 100 à 240 V en courant alternatif, ainsi qu’une source de 48 V en courant continu.
Du sans-code à Python
Epson cherche aussi à réduire le travail d’intégration. Son logiciel AX Portal propose une interface sans code et permet d’enseigner des positions en déplaçant manuellement le bras. Cinq boutons sont intégrés à l’extrémité, dont trois personnalisables et deux dédiés à l’apprentissage des positions.
Pour les cellules plus complexes, le constructeur fournit un environnement Python dans lequel les intégrateurs peuvent importer leurs bibliothèques et leurs modules. Les trajectoires droites, courbes ou articulaires peuvent être produites depuis l’interface sans code comme depuis cet environnement de développement.
Un simulateur 3D complète l’ensemble afin de tester un programme avant son exécution dans la cellule réelle. Cette combinaison vise deux publics : les entreprises qui installent leur première automatisation collaborative et les intégrateurs qui veulent conserver la possibilité de développer des fonctions sur mesure.
Une gamme de sécurité désormais plus large
Avec AX6, Epson affirme couvrir trois approches. Les robots industriels classiques privilégient vitesse et productivité. Le nouveau cobot favorise l’interaction avec les opérateurs et la reconfiguration. Entre les deux, les outils collaboratifs industriels cherchent à conserver une partie des performances tout en adaptant la sécurité à la présence humaine.
Cette distinction reste importante : le terme collaboratif ne rend pas automatiquement une application sûre. La charge, l’outil monté sur le bras, la vitesse, les pièces manipulées et l’organisation du poste doivent être évalués ensemble. L’absence de barrière dépend donc du résultat de l’analyse de risques, pas du seul modèle de robot.
Notre analyse
AX6 ne constitue pas une rupture de capacité face aux cobots déjà établis, mais son arrivée élargit le choix pour les clients d’Epson qui utilisent des robots Scara ou six axes. Une interface commune, des outils sans code et la prise en charge de Python peuvent réduire les coûts de formation et faciliter la maintenance d’un parc mixte.
La disponibilité commerciale sera le véritable test. Epson ne communique ni prix public, ni volume de production, ni premier client. Les certifications annoncées et le format compact donnent néanmoins au robot un positionnement clair dans les environnements contrôlés et les cellules où l’espace de travail est compté.
Sources : Epson Robots et Unite.AI.
