Faraday Future veut séparer son activité robotique du reste du groupe et la rapprocher d’AIxCrypto, dans le cadre d’une opération qui valoriserait cette branche environ 200 millions de dollars. L’entreprise a annoncé le 28 septembre la signature d’une lettre d’intention en vue d’une cotation autonome.
Le projet doit combiner les actifs robotiques de Faraday Future avec AIxCrypto, appelée à prendre le symbole boursier FFR. Il s’agit encore d’une étape préliminaire : une lettre d’intention fixe le cadre des discussions, mais ne garantit ni la conclusion ni les conditions définitives de la transaction.
Une branche robotique isolée du constructeur automobile
Faraday Future présente l’opération comme une « mise à niveau stratégique ». Le groupe entend se recentrer sur trois axes : les robotaxis, les technologies d’habitacle dites EAI et un rôle de holding d’investissement dans l’IA physique. La robotique serait logée dans une entité distincte, avec son propre accès au marché boursier.
Cette séparation permettrait aux investisseurs d’évaluer directement l’activité robotique, sans la confondre avec les véhicules électriques de Faraday Future. Elle donnerait aussi à la nouvelle structure un outil de financement propre, à un moment où les fabricants de robots cherchent à financer simultanément le matériel, les logiciels de contrôle, les données et le déploiement commercial.
La valorisation annoncée de 200 millions de dollars doit toutefois être lue comme celle envisagée dans la lettre d’intention. Elle ne constitue pas un prix définitif. Les étapes habituelles restent à franchir, notamment les audits, les accords finaux, les validations des conseils et les éventuelles autorisations réglementaires.
Un portefeuille encore en phase de construction
Faraday Future communique depuis plusieurs mois sur un écosystème robotique mêlant humanoïdes, robots de service et solutions destinées à l’éducation ou à l’industrie. Le groupe affirme avoir structuré une gamme de 24 appareils autour d’une pile d’IA commune. Cette diversité reste à confronter aux volumes réels, aux usages et à la capacité de maintenance sur le terrain.
L’opération projetée ne porte donc pas seulement sur un robot précis. Elle concerne une plateforme commerciale et technologique plus large, dont la valeur dépendra de la propriété intellectuelle transférée, des contrats effectivement inclus et des perspectives de revenus de la future société.
Ce que cette opération dit du marché
La création d’une société cotée consacrée à la robotique offrirait un nouveau point de comparaison dans un secteur où beaucoup d’acteurs restent privés. Elle souligne aussi une tendance : les groupes issus de l’automobile ou de l’électronique tentent de valoriser séparément leurs activités d’IA physique.
Pour l’instant, le signal est financier davantage que technique. Aucun nouveau robot ni déploiement majeur n’a été présenté avec l’annonce. Le prochain jalon décisif sera la publication d’accords définitifs détaillant le périmètre des actifs, la gouvernance et le calendrier de l’éventuelle cotation.
