En moins de vingt-quatre heures, l’humanoïde Figure F.03 a enchaîné deux premières jugées remarquables : gravir une échelle sans aucune assistance humaine, puis tenir le volant d’une voiture. Ces deux clips publiés par Brett Adcock, fondateur de Figure AI, relancent le débat sur le rythme réel des progrès des robots à pattes.
De l’échelle au volant
Mardi 3 août, Adcock a posté sur X une vidéo du F.03 montant seul une échelle à trois barreaux pour atteindre une plateforme surélevée. Aucune téléopération visible, aucune intervention humaine. Grimper une échelle figure parmi les tâches les plus complexes pour un robot humanoïde : cela exige une coordination fine des bras et des jambes, des ajustements d’équilibre en continu et une perception précise de l’environnement immédiat.
Plusieurs chercheurs en IA ont salué la performance, la qualifiant de « bonne avancée » dans la locomotion humanoïde, tout en soulignant qu’aucun détail technique sur le système embarqué n’a été communiqué et que la démonstration n’a pas été vérifiée de façon indépendante.
Le lendemain, le 4 août, Adcock a publié un second clip bien plus surprenant : le F.03 assis derrière un volant. Une poignée spéciale a été ajoutée pour permettre aux mains articulées du robot de tourner la direction. Le pied droit appuie sur la pédale d’accélérateur. Figure n’a pas précisé si le trajet était entièrement autonome ou partiellement guidé, mais l’image est sans ambiguïté : l’entreprise teste la conduite humanoïde.
Helix, le modèle d’IA derrière les deux démos
Les deux performances s’appuient sur Helix, le modèle d’IA maison de Figure. Ce système est conçu pour naviguer dans des environnements domestiques et industriels imprévisibles, en adaptant les mouvements en temps réel. C’est le même moteur qui propulse la montée en cadence de production du F.03 : Figure est passée d’une unité par jour à une par heure, et affirme avoir livré plus de 350 robots à ce jour.
Dans un post connexe, Adcock a réaffirmé sa position : « les robots à roues sont une impasse totale. » Une déclaration directement adressée aux concurrents qui misent sur des plateformes roulantes. Pour lui, les jambes restent la seule approche cohérente pour des machines qui doivent s’intégrer dans des espaces conçus pour les humains.
Deux jalons, une stratégie de communication
En publiant ces clips à vingt-quatre heures d’intervalle, Figure ne fait pas que de la R&D : l’entreprise communique activement auprès de ses partenaires industriels. La conduite automobile, même partielle, ouvre des perspectives dans la logistique de site ou le déplacement autonome en zones fermées.
La compétition reste intense. Tesla Optimus, Boston Dynamics Atlas et plusieurs startups chinoises travaillent sur des scénarios similaires. Mais peu ont montré, en public, un humanoïde capable de grimper une structure verticale ET de manœuvrer un véhicule en l’espace d’une journée. Figure prend de l’avance sur la démonstration, même si la validation en conditions réelles reste la prochaine étape attendue.

