Industrie

Foundation Industries décroche 24 millions de dollars du Pentagone pour son humanoïde Phantom 2

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Foundation Industries, la start-up de robotique dans laquelle Eric Trump est entré au capital et occupe depuis mars un poste de conseiller stratégique, vient de décrocher un contrat de 24 millions de dollars avec le Pentagone pour son humanoïde militaire Phantom 2.

L’information a été annoncée le 23 avril sur Fox Business, où Eric Trump et le CEO de Foundation, Sankaet Pathak, sont venus célébrer la nouvelle avec l’animatrice Maria Bartiromo. Le fils du président américain a qualifié le contrat de preuve que les États-Unis sont redevenus « la plus grande économie du monde ». Le détail du processus d’attribution, en revanche, n’a pas été évoqué à l’antenne.

Phantom 2, un humanoïde pensé pour le champ de bataille

Foundation présente Phantom 2 comme une plateforme humanoïde conçue dès le départ pour des environnements duaux : le champ de bataille et l’industrie lourde. L’entreprise vise explicitement les missions trop dangereuses pour des soldats humains, qu’il s’agisse de reconnaissance sous le feu, de manutention de munitions ou d’opérations en zone contaminée.

Ce positionnement fait écho à une tendance de fond. Le Pentagone investit depuis plusieurs années dans les robots autonomes, mais les humanoïdes restaient jusqu’ici marginaux dans les appels d’offres. Le contrat Foundation marque une bascule, avec un montant certes modeste pour la défense américaine, mais symbolique pour un segment qui peinait encore à convaincre les acheteurs militaires.

Un deal qui soulève des questions

L’affaire ne manque pas de faire réagir à Washington. Eric Trump est à la fois investisseur dans Foundation et conseiller stratégique nommé en mars, soit juste après le retour de son père à la Maison-Blanche. Le contrat fédéral avec une entreprise où un fils du président occupe un rôle actif relance le débat sur les conflits d’intérêts qui suivent l’administration Trump depuis janvier 2025.

Plusieurs observateurs, dont le journaliste Aaron Rupar, ont diffusé l’extrait de l’interview sur les réseaux sociaux, mettant en avant le contraste entre la communication triomphale à la télévision et le silence sur le circuit de décision qui a mené à l’attribution du marché. Foundation n’a pas précisé quelle unité du Department of Defense a signé le contrat, ni s’il s’agit d’un achat ferme, d’un prototype ou d’un accord-cadre.

Foundation, nouvel entrant face à Boston Dynamics et Anduril

Sur le plan technique, Foundation est l’un des plus jeunes acteurs du paysage humanoïde américain. L’entreprise se confronte à des concurrents mieux installés : Boston Dynamics, dont le robot Atlas est passé en version électrique en 2024, et Anduril, qui domine le segment des plateformes autonomes militaires avec ses drones et ses systèmes d’armement. Foundation entend se distinguer par une architecture bipède capable de remplacer un soldat dans des gestes quotidiens, pas seulement par des drones volants ou roulants.

Résultat : avec 24 millions de dollars dans la poche et un accès direct aux plateaux télévisés les plus écoutés du côté conservateur américain, Foundation dispose d’un boost industriel et politique rare pour une start-up de cet âge. Reste à livrer un produit. Les premières démonstrations publiques de Phantom 2 sont attendues dans les prochains mois.

Sources : Joe.My.God, Mediaite, Fox Business (23 avril 2026).

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