Intelligence Artificielle

Fujitsu et Carnegie Mellon lancent un centre commun dédié à l’IA physique à Pittsburgh

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

Fujitsu et Carnegie Mellon University ont officialisé le 23 avril la création du Fujitsu-Carnegie Mellon Physical AI Research Center. Le laboratoire conjoint, installé à Pittsburgh, veut faire sortir l’IA physique des démonstrations pour la pousser dans les usines, la logistique, la construction et la santé.

L’annonce a été faite simultanément depuis Kawasaki, au Japon, et Pittsburgh, en Pennsylvanie. Les deux partenaires avancent un agenda clair : construire un hub de recherche mondial qui fasse le pont entre les laboratoires académiques et le déploiement industriel de robots capables de percevoir, raisonner et agir dans le monde réel.

Un campus de 14 000 m² à Pittsburgh

Le nouveau centre s’appuie sur le Robotics Innovation Center de Carnegie Mellon, ouvert en février 2026. Le bâtiment, d’une surface de 14 000 m², est implanté à Hazelwood Green, un ancien site industriel reconverti en district technologique à Pittsburgh. L’infrastructure doit permettre de tester des systèmes d’IA physique dans des conditions proches du réel, pas uniquement en simulation.

Côté académique, Carnegie Mellon mobilise treize chercheurs issus de disciplines variées : robotique, apprentissage automatique, langage naturel, interaction humain-machine, génie électrique, génie civil et environnemental, et même philosophie. Des noms connus comme Graham Neubig, Sebastian Scherer ou Fernando De La Torre figurent dans la liste. L’équipe travaillera aux côtés de scientifiques et d’ingénieurs Fujitsu.

Quatre axes de recherche prioritaires

Les deux partenaires ont défini leurs priorités : génération et apprentissage d’actions robotiques, perception spatiale et compréhension de l’environnement, coordination et optimisation de flottes multi-robots, collaboration humain-robot, et enfin intégration entre simulation et environnements réels. L’idée n’est pas de publier des papiers isolés, mais de produire des briques technologiques directement valorisables par l’industrie.

L’éthique et l’acceptabilité sociale font aussi partie du périmètre. C’est d’ailleurs pour cette raison que deux professeurs de philosophie, Peter Spirtes et Kun Zhang, ont été intégrés au programme. Un choix qui colle à l’agenda japonais actuel : le pays tente de rattraper son retard sur la Chine en matière d’humanoïdes, tout en restant attentif à la question de la confiance envers les machines autonomes.

Kozuchi Physical OS, la plateforme maison de Fujitsu

Du côté industriel, Fujitsu a profité de l’annonce pour remettre en avant son projet Kozuchi Physical OS. L’objectif affiché est de construire une plateforme d’IA physique applicable à des domaines critiques pour les infrastructures sociales. Le groupe japonais entend capitaliser sur ses atouts en intelligence artificielle, calcul et réseaux pour offrir une infrastructure unifiée du cloud jusqu’à l’edge.

Les enjeux mis en avant par Fujitsu sont ceux qui bloquent aujourd’hui les grands déploiements : temps réel, fiabilité, sûreté, souveraineté des données et gouvernance. En clair, le groupe vise les usines, les hôpitaux et les réseaux d’infrastructure, pas le robot compagnon grand public.

Un pari pour le Japon

Ce partenariat s’inscrit dans un contexte tendu. Les industriels chinois multiplient les annonces et les livraisons depuis début 2026, et les américains, Figure, Agility, 1X en tête, avancent vite. Le Japon, longtemps leader de la robotique industrielle avec FANUC ou Yaskawa, risque de perdre la main sur la génération IA-native. Le pari Fujitsu-CMU, c’est celui d’une alliance croisée : la recherche américaine de premier rang combinée à la puissance industrielle japonaise. Reste à transformer ces briques en produits. Le prochain rendez-vous utile sera celui des premiers démonstrateurs issus du centre, attendus dans les mois à venir.

Source : communiqué de presse Fujitsu Global, 23 avril 2026.