Andy Rubin, le cofondateur d’Android et ancien dirigeant de Google, prépare un retour en force dans la robotique. Sa startup Genki Robotics, basée à Tokyo, développe en mode furtif des robots humanoïdes avec le soutien de deux poids lourds : Andreessen Horowitz (a16z) et AMD. Le projet confirme la ruée mondiale vers les robots à forme humaine.
Le nom dit tout
En japonais, « genki » signifie « vif et en bonne santé ». Le choix est délibéré : Rubin veut créer un robot conçu pour le mouvement actif dans la vie quotidienne, pas un bras industriel statique. Le siège à Tokyo n’est pas un hasard non plus : Rubin connaît bien l’écosystème japonais. En 2013, lors de son passage chez Google, il avait supervisé le rachat de plusieurs entreprises de robotique nippones, dont SHAFT, un spinoff de l’Université de Tokyo récompensé lors du DARPA Robotics Challenge.
La startup ne dispose pas encore de site public ni d’offres d’emploi. Des prototypes existent selon les informations publiées par The Information en novembre 2025. Depuis, les investisseurs ont emboîté le pas.
a16z et AMD comme partenaires stratégiques
Selon les données de PitchBook, Andreessen Horowitz, AMD, DCM Ventures, Incubate Fund et X& figurent parmi les investisseurs de Genki Robotics. La présence d’a16z, l’un des fonds de capital-risque les plus influents de la Silicon Valley, apporte une légitimité immédiate. Celle d’AMD est encore plus significative : le fabricant de semi-conducteurs prend une position dans la robotique humanoïde au moment où les puces pour l’IA embarquée deviennent un enjeu concurrentiel face à Nvidia.
AMD a d’ailleurs déjà montré ses cartes dans ce secteur : début 2026, à CES, Generative Bionics avait dévoilé le GENE.01, un robot humanoïde à peau tactile alimenté par des composants AMD, avec un lancement commercial prévu en Q4 2026.
L’atout Rubin : un réseau unique entre Silicon Valley et Japon
Rubin apporte à Genki Robotics un profil rare. Son passage chez Google (2013-2015) lui a permis de constituer un réseau dans les laboratoires universitaires japonais, de comprendre les chaînes de production locales et d’identifier les ingénieurs en robotique les plus talentueux de la région. Après Google, il a cofondé Playground Global, un incubateur spécialisé dans le hardware et l’IA qui a financé une dizaine de startups robotiques.
C’est l’une des rares personnes capables de lever des fonds en Silicon Valley tout en faisant prototyper à Tokyo. Un positionnement que peu d’acteurs peuvent reproduire.
Un secteur en surchauffe
The Information décrit le marché des humanoïdes comme « torride et mousseux », avec des fonds prêts à valoriser des startups à des niveaux stratosphériques avant même qu’elles aient un produit fini. Figure AI est valorisée 39 milliards de dollars. Neura Robotics a levé 1 milliard d’euros en mars 2026. Amazon rachète des startups d’humanoïdes domestiques.
Dans ce contexte, Genki Robotics arrive avec des atouts solides : un fondateur crédible, des investisseurs de premier plan et un ancrage japonais précieux. Reste à voir si les prototypes tiendront leurs promesses quand la startup sortira enfin du stealth mode.