GITAI teste ses bras robotiques lunaires dans le froid et le vide

Bras robotique inchworm de GITAI déployé sur une structure spatiale
Le bras inchworm de GITAI utilise ses deux extrémités comme points d’ancrage pour se déplacer sur une structure.

GITAI a publié le 2 septembre des images de ses bras robotiques de type « inchworm » testés sous vide et dans un froid extrême. L’essai réunit le matériel, le logiciel embarqué, les commandes et l’intégration système afin de préparer des missions lunaires et des opérations de maintenance en orbite.

Un bras qui se déplace de point d’ancrage en point d’ancrage

Le robot doit son nom à son mode de déplacement, comparable à celui d’une chenille arpenteuse. Chacune des extrémités peut saisir un point d’ancrage. Le bras libère alors l’autre extrémité, se repositionne puis recommence. Cette architecture lui permet de progresser le long d’une structure sans base fixe.

La fiche technique de GITAI décrit un bras de deux mètres à sept degrés de liberté. Deux unités peuvent être assemblées pour étendre la portée. Le constructeur vise des opérations de manipulation de charges utiles, d’inspection, de réparation et d’amarrage autour de satellites ou de stations spatiales.

Le vide thermique, passage obligé avant le vol

Sur Terre, l’air évacue une partie de la chaleur et les matériaux travaillent dans une plage de température relativement stable. Dans l’espace, le vide modifie les échanges thermiques, tandis que l’alternance entre ombre et exposition impose des écarts sévères. Un mécanisme peut alors subir des variations de jeu, des problèmes de lubrification ou une dégradation de ses composants électroniques.

La séquence diffusée par GITAI montre donc une étape de qualification importante : vérifier le comportement du système intégré dans des conditions représentatives. L’entreprise ne publie toutefois ni durée complète de l’essai ni plage de température ni taux de réussite dans cette annonce. La vidéo établit la tenue d’un test, pas encore les performances d’une mission orbitale ou lunaire.

Autonomie supervisée et modularité

GITAI prévoit un fonctionnement semi-autonome. La perception s’appuie notamment sur des repères visuels, tandis que la planification de mouvement utilise des trajectoires préparées. Un opérateur humain reste dans la boucle aux étapes critiques et peut reprendre la main à distance.

Cette combinaison répond aux contraintes des communications spatiales : l’autonomie limite la charge de pilotage, mais la supervision conserve une possibilité de décision lorsque la situation sort du scénario prévu. La modularité doit aussi permettre de remplacer un segment endommagé sans changer un bras complet.

Pour GITAI, la valeur industrielle dépendra désormais de la répétabilité des essais, de la qualification des composants et de la capacité à transformer ces validations terrestres en opérations durables. Les prochains jalons devront préciser le calendrier de vol et les tâches qui seront confiées au système.

Le briefing RoboActu

L’essentiel de la robotique, une fois par semaine.

Une sélection courte des annonces, usages et robots à suivre.

Continuer sur ce sujet

Comparer les robots