GITAI a publié un nouvel essai terrestre de son satellite robotique S3. Le système poursuit une cible non coopérative, réduit la distance, établit le contact puis la maintient, une séquence destinée à préparer la maintenance de véhicules qui ne peuvent ni s’arrêter ni adopter une orientation idéale.
La démonstration vise l’un des problèmes les plus délicats du service en orbite. Un satellite en panne peut tourner sur lui-même et ne dispose pas forcément d’une interface conçue pour l’amarrage. Le véhicule de service doit donc estimer sa position et son mouvement avant d’engager son bras sans provoquer de collision.
Non-cooperative objects in orbit will not politely stop and wait to be captured.
— GITAI (@GITAI_HQ) August 21, 2026
Un bras pour saisir un satellite non préparé
Le S3 combine une plateforme spatiale, un bras robotique et un logiciel de vision. GITAI explique que le système doit reconnaître l’anneau de séparation de la cible, réaliser les opérations de proximité puis s’y arrimer de façon autonome. L’objectif est de pouvoir intervenir sans ajouter au préalable une interface propriétaire sur le satellite client.
Cette approche ouvrirait plusieurs types de missions : prolonger la durée de vie d’un satellite, le déplacer, l’assembler à une structure ou préparer sa désorbitation contrôlée. La vidéo publiée le 21 août montre toutefois un banc d’essai au sol. Elle ne mesure ni le taux de réussite sur une série de captures, ni la tolérance à différentes vitesses de rotation.
Le modèle de vol existe, mais le lancement est repoussé
GITAI avait annoncé en juin avoir achevé l’intégration du modèle de vol du S3, à l’exception de l’installation finale de panneaux solaires déjà fabriqués. La mission comprend le véhicule de service et un satellite cible. Elle doit valider le rendez-vous autonome, l’amarrage à un objet non coopératif, les opérations robotiques et la désorbitation.
Le calendrier a cependant changé. Le lancement, initialement envisagé sur la mission Transporter-18 de SpaceX en octobre 2026, a été reporté à une date postérieure à 2028. GITAI dit privilégier les étapes de son programme d’intercepteur spatial pour l’US Space Force. Le nouvel essai ne signifie donc pas que la démonstration en orbite est imminente.
Un test utile avant le passage en microgravité
La capture terrestre permet de vérifier en boucle le suivi visuel, la commande du bras et la stratégie de contact. En orbite, le moindre effort échangé modifie aussi le mouvement des deux véhicules. Le système devra donc coordonner le satellite et le manipulateur, avec des délais de communication incompatibles avec un pilotage humain permanent.
GITAI revendique déjà trois démonstrations en orbite, dont des bras à l’intérieur puis à l’extérieur de la Station spatiale internationale et un bus satellitaire en orbite basse. Le S3 doit réunir ces briques dans une mission complète. D’ici à son lancement, la valeur des essais publiés dépendra surtout des données que l’entreprise rendra disponibles sur leur répétabilité et leurs marges de sécurité.
Sources : démonstration GITAI, présentation des services en orbite et communiqué sur le modèle de vol S3.
