Gravis Robotics lève 200 millions de dollars pour ses engins de chantier autonomes

Le kit Gravis Rack monté sur un engin de chantier autonome
Le Gravis Rack fournit une couche d'autonomie pour des flottes d'engins de chantier existants. Source : Gravis Robotics

Gravis Robotics a obtenu 200 millions de dollars auprès de SoftBank pour accélérer la diffusion de ses kits d’autonomie destinés aux engins de chantier. La jeune pousse issue de l’ETH Zurich veut transformer des excavatrices déjà en parc en machines capables d’assister ou d’exécuter des travaux de terrassement avec une supervision humaine réduite.

L’annonce place la construction parmi les terrains les plus suivis de la robotique physique. Le secteur reste difficile à automatiser, car un chantier évolue sans cesse : la machine ne se contente pas de se déplacer dans un décor, elle modifie le sol, rencontre des matériaux très variables et doit composer avec des opérateurs, des camions et des contraintes de sécurité.

Un kit pour flottes mixtes

Gravis mise sur son Gravis Rack, un ensemble matériel et logiciel qui se monte sur des équipements existants. Selon l’entreprise, le système a déjà été installé sur des machines de plusieurs fabricants, dont Caterpillar, Deere, Hitachi, JCB, Volvo ou Yanmar. Cette approche évite de limiter l’autonomie à une marque unique et vise les flottes hétérogènes que les loueurs et entrepreneurs utilisent déjà.

Le logiciel combine perception du terrain, télémétrie de la machine, modélisation physique et interface opérateur. Gravis parle d’un mode Copilot, où l’humain reste dans la cabine avec une aide à la conduite et à la planification, et d’un mode plus autonome où un opérateur peut superviser plusieurs machines. La société affirme que ses systèmes ont été déployés sur quatre continents.

Pourquoi SoftBank mise sur le chantier

Le financement est présenté comme la plus grande série A jamais annoncée dans la robotique de construction. SoftBank y voit un usage direct de l’IA physique : automatiser des tâches qui conditionnent la construction de logements, d’infrastructures, de réseaux énergétiques et de centres de données.

Pour Gravis, l’enjeu n’est pas seulement la productivité. Les chantiers souffrent d’un manque d’opérateurs qualifiés et d’une pression croissante sur la sécurité. Une machine capable de cartographier son environnement, de détecter des obstacles et de répéter des mouvements avec précision peut réduire une partie des risques, à condition que l’intégration terrain et la supervision restent robustes.

Notre analyse

Cette levée confirme un déplacement de la robotique vers des machines lourdes déjà amorties, plutôt que vers des robots entièrement nouveaux. C’est un point important : le marché des excavatrices et du terrassement est fragmenté, coûteux et très local. Un kit adaptable peut progresser plus vite qu’une flotte propriétaire, mais il devra prouver sa fiabilité dans des configurations très différentes.

La promesse de Gravis repose donc sur la capacité à généraliser : sols, outils, habitudes de chantier, météo et règles locales. Le financement donne à l’entreprise les moyens de multiplier les installations, mais c’est la qualité des retours terrain qui dira si l’autonomie de chantier devient un produit industriel ou reste une démonstration très encadrée.

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