Des robots humanoïdes Hangxing No.2 ont épaulé la police de la circulation autour du marathon de Hangzhou, dimanche 1er novembre. Développé par DEEP Robotics avec les autorités locales, le dispositif a été réparti sur quatre points de patrouille près du centre sportif Huanglong. Les machines surveillaient les carrefours, suivaient des itinéraires prédéfinis, diffusaient des avertissements et répondaient aux demandes du public.
Un DR02 adapté à la circulation
Hangxing No.2 repose sur le DR02, l’humanoïde tout temps de l’entreprise chinoise. La société annonce une taille de 1,78 mètre, une protection IP66 contre la poussière et les fortes pluies, ainsi qu’une plage de fonctionnement comprise entre -20 °C et 55 °C. Cette résistance vise précisément les missions extérieures, où un robot de démonstration classique serait vite limité par la météo.
Le système embarque une capacité de calcul annoncée à 275 TOPS. Un lidar, une caméra de profondeur et une caméra grand-angle alimentent la perception de l’environnement. D’après les informations communiquées par DEEP Robotics au Global Times, le robot peut repérer certains comportements, comme un piéton qui traverse hors du passage prévu ou un véhicule qui s’insère dans une zone interdite. Il exécute aussi des gestes standardisés de circulation et lance automatiquement des messages de sécurité.
Un test grandeur nature avec 36 000 coureurs
Le marathon a réuni 36 000 participants après plus de 300 000 candidatures. Pour les organisateurs, cette concentration de personnes crée des angles morts et multiplie les tâches répétitives sur une période courte. Les robots ont donc été affectés à des missions délimitées, en complément des agents présents sur place.
Ce choix permet d’évaluer plusieurs points à la fois : stabilité dans une foule, continuité de la perception, compréhension des consignes et capacité à rester utile sans gêner la circulation. Il ne s’agit pas d’une police autonome. Les décisions sensibles et les interventions restent du ressort des humains. La valeur du test tient surtout à l’intégration du robot dans une organisation réelle, avec des horaires, des zones et des procédures imposés.
La sécurité urbaine comme premier marché
DEEP Robotics présente cette opération comme une étape vers un modèle standardisé pour les grands événements. Les missions de patrouille, d’inspection et d’information sont régulièrement citées parmi les premiers usages commerciaux des humanoïdes, car elles sont répétitives et géographiquement encadrées.
Le test de Hangzhou laisse toutefois plusieurs questions ouvertes : autonomie réelle sur une journée complète, fréquence des reprises manuelles, fiabilité de la détection dans une foule dense et coût total du dispositif. Aucune mesure indépendante de performance n’a été publiée. Le passage d’une démonstration visible à un service durable dépendra de ces données, plus que de la seule capacité du robot à reproduire les gestes d’un agent.
