L’IFR estime à 7 000 les ventes mondiales de robots humanoïdes en 2025

Robot humanoïde 4NE1 de Neura Robotics présenté dans un visuel de l’IFR
L’IFR estime à environ 7 000 les ventes mondiales de robots humanoïdes industriels et professionnels en 2025.

Environ 7 000 robots humanoïdes ont été vendus dans le monde en 2025 pour des usages industriels et des services professionnels, selon les premières données consolidées par l’International Federation of Robotics. Ce volume donne une mesure encore modeste d’un secteur qui concentre pourtant des milliards d’investissements.

Les chiffres, consultés par Reuters avant leur publication officielle, constituent la première collecte spécifique de l’IFR sur les humanoïdes. La fédération suit les marchés de la robotique depuis trois décennies, mais séparait jusqu’ici surtout les robots industriels et les robots de service.

Une définition plus large que le robot bipède

Pour entrer dans ce décompte, une machine doit présenter une apparence humaine et fonctionner de manière autonome dans un environnement conçu pour les personnes. La présence de jambes n’est pas obligatoire. Le périmètre exclut les robots grand public et militaires, tandis que les robots médicaux sont classés à part.

Cette méthode compte donc des plateformes destinées à l’usine, à la logistique ou à la recherche, mais pas l’ensemble des machines qualifiées d’« humanoïdes » dans les démonstrations publiques. Susanne Bieller, secrétaire générale de l’IFR, souligne que le total reste une fraction du parc robotique mondial.

La comparaison éclaire cet écart. En 2024, près de 542 000 robots industriels classiques ont été installés et environ 199 000 robots de service professionnels ont été vendus pour le transport, l’hôtellerie ou le nettoyage. Le marché humanoïde de 2025 représente ainsi un peu plus de 1 % du volume annuel des seuls robots industriels conventionnels.

Beaucoup de ventes servent encore la recherche

Selon l’IFR, une part importante des unités vendues n’effectuait pas encore un travail productif régulier. Des laboratoires et des entreprises les ont achetées pour mener des recherches ou produire les données nécessaires à l’entraînement de modèles d’intelligence artificielle. Dans l’automobile, les pilotes portent encore souvent sur quelques robots, parfois quelques dizaines.

Ce constat ne signifie pas que les essais sont sans valeur. Il montre que les industriels évaluent encore la fiabilité, la sécurité, la vitesse d’exécution et le coût de maintenance avant d’étendre les flottes. L’IFR rappelait déjà dans son document « Vision and Reality » que les humanoïdes doivent compléter les robots existants plutôt que les remplacer.

Des prévisions très supérieures aux ventes observées

Bank of America Global Research estime que 90 000 humanoïdes pourraient être livrés en 2026 et 1,2 million en 2030. Ces projections impliquent une accélération brutale par rapport aux 7 000 unités recensées pour 2025. Elles devront être comparées à des commandes fermes et à des déploiements durables, pas seulement aux capacités annoncées par les fabricants.

Notre analyse

Ce premier repère statistique réduit l’écart entre les démonstrations spectaculaires et la réalité commerciale. Le marché existe déjà, mais il demeure surtout un marché d’apprentissage. Le véritable changement d’échelle apparaîtra lorsque les robots vendus passeront de la collecte de données à des tâches répétées, mesurables et rentables sur des sites industriels.

Les prochaines séries de l’IFR seront donc particulièrement utiles. Elles permettront de distinguer une croissance tirée par les plateformes de recherche d’une adoption industrielle réelle, avec des flottes qui restent en production au-delà d’un pilote.

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