La société parisienne Inbolt a levé 11 millions d’euros, soit 12,5 millions de dollars, pour étendre sa technologie de vision 3D et de pilotage adaptatif des robots industriels. L’opération doit financer son expansion aux États-Unis et en Asie-Pacifique, ainsi que son entrée dans les centres de données et la fabrication électronique.
Le tour de table est mené par Shift4Good, avec Bridges Climate Transition Partners. Les investisseurs historiques BNP Paribas Développement et Ora Global y participent également. Inbolt porte ainsi son financement cumulé à 30 millions d’euros.
Une couche de vision compatible avec les robots installés
Fondée en 2019 par Rudy Cohen, Albane Dersy et Louis Dumas, Inbolt développe une combinaison de caméras 3D et de logiciels d’intelligence artificielle. Le système observe une pièce ou un poste de travail, puis ajuste la trajectoire du robot en temps réel lorsque l’environnement varie.
Cette approche vise un problème très concret des lignes automatisées. Un robot programmé sur une trajectoire fixe peut s’arrêter, générer une erreur ou produire une pièce défectueuse si un composant est légèrement décalé, si l’outillage s’use ou si la géométrie du poste change. La vision doit lui permettre de corriger son mouvement sans reprendre toute l’intégration.
Inbolt présente sa couche logicielle comme indépendante du matériel. Elle fonctionne avec des plateformes de FANUC, ABB, KUKA, Yaskawa, Comau et Universal Robots. Les industriels peuvent donc équiper des cellules existantes, sans remplacer les bras déjà installés.
Plus de 200 robots dans une centaine d’usines
Selon l’entreprise, sa technologie équipe déjà plus de 200 robots dans plus de 100 usines réparties sur trois continents. Bosch, Beko, Flex, Ford, Stellantis et Toyota figurent parmi les clients cités. Ces références donnent au financement une dimension industrielle plus solide qu’une simple levée destinée à un prototype.
Inbolt a ouvert un bureau à Detroit en 2026. Le nouveau capital doit accélérer cette implantation américaine, soutenir le développement en Asie-Pacifique et adapter le produit à deux marchés supplémentaires. Dans les centres de données comme dans l’électronique, les opérations d’assemblage et de maintenance associent petits écarts de position, changements fréquents et exigences de précision.
Pourquoi cette levée compte pour l’industrie
Le marché de la robotique industrielle ne dépend pas seulement de nouveaux bras. Une part importante de la croissance passe par la modernisation du parc existant. Ajouter de la perception à une cellule déjà amortie peut réduire le coût et le délai d’un projet, tout en limitant les arrêts non planifiés.
Le défi reste de maintenir ces corrections en temps réel avec une fiabilité compatible avec la production. Les performances devront être mesurées sur des séries longues, plusieurs types de pièces et différents constructeurs. La levée offre à Inbolt les moyens de multiplier ces déploiements et de vérifier si son modèle généraliste conserve sa précision hors de l’automobile.
