Environ vingt industriels japonais, parmi lesquels Kyocera et Kobe Steel, préparent un consortium pour développer des robots d’usinage capables de transformer des plans en opérations de fabrication automatisées. Le programme doit démarrer en octobre et durer près de quatre ans.
L’alliance doit s’appuyer sur le système TTMC de la société japonaise Arum. Cette machine associe un centre d’usinage à un logiciel entraîné sur des données de découpe du métal et de la résine. L’objectif est de générer un processus de fabrication à partir d’un plan, puis de réaliser la pièce avec moins d’interventions d’un opérateur expérimenté.
Un programme commun autour de la machine TTMC
Selon les informations publiées au Japon le 30 août, les entreprises participantes installeront des machines TTMC dans leurs propres sites. Elles répéteront des opérations d’usinage afin de recueillir des données, d’enrichir le système et d’étendre ses capacités à des pièces plus grandes ou plus complexes.
Le dispositif vise notamment les pièces destinées aux engins de chantier et aux équipements de fabrication de semi-conducteurs. Le système actuel traite surtout de petits éléments. Le consortium veut donc franchir un cap en taille, en variété de matériaux et en complexité géométrique.
Cette approche correspond à la production dite à forte variété et faible volume. Dans ce type d’atelier, chaque nouvelle référence demande beaucoup de préparation. Automatiser cette phase peut réduire les délais sans imposer les volumes d’une chaîne de production classique.
Arum veut convertir le savoir-faire d’atelier en logiciel
Arum développe le logiciel ARUMCODE et les machines TTMC pour traduire les pratiques des usineurs en instructions numériques. Dans une présentation publiée en mars par Microsoft, l’entreprise indiquait qu’un programme pour une petite pièce aéronautique pouvait passer de plus d’une heure de préparation à quatre minutes avec son logiciel.
La même présentation décrivait quarante machines TTMC vendues et plus de deux cents fabricants utilisant ARUMCODE sur leurs propres centres d’usinage. Ces chiffres donnent au consortium une base industrielle déjà exploitée, mais ils proviennent de l’entreprise et de son partenaire technologique. Le programme de quatre ans devra montrer si les gains se maintiennent sur des pièces plus lourdes et dans des usines différentes.
Une réponse au manque de main-d’œuvre qualifiée
Le projet intervient alors que l’industrie japonaise doit préserver un savoir-faire détenu par une population d’ingénieurs et d’usineurs vieillissante. Le but n’est pas seulement d’accélérer la découpe. Il s’agit aussi de rendre la préparation d’une pièce plus accessible à des opérateurs moins expérimentés.
Le consortium devra encore préciser sa gouvernance, la liste complète de ses membres et la manière dont les données d’usine seront partagées. La coopération annoncée marque néanmoins un passage important : l’IA d’Arum ne sera plus évaluée dans un seul environnement, mais confrontée à plusieurs producteurs et à des besoins industriels réels.
Sources : Japan Today et Microsoft Source Asia.
