Kodama lève 7 millions de dollars pour étendre ses systèmes de téléopération et d’autonomie supervisée aux engins forestiers. La jeune entreprise affirme que les machines déjà équipées ont déplacé plus de 100 000 tonnes de bois en six mois dans plusieurs États du sud-est des États-Unis.
Le tour de table est codirigé par Konvoy Ventures et Breakwater Ventures, avec la participation notamment de Breakthrough Energy Ventures, Congruent Ventures et Blue Forest Asset Management. Il porte à 14 millions de dollars le financement total de Kodama. L’argent doit servir à multiplier les déploiements commerciaux, approfondir les partenariats avec les fabricants d’engins et développer l’autonomie dans des environnements hors route difficiles.
Automatiser sans retirer immédiatement l’humain
Kodama ne cherche pas à rendre les machines entièrement autonomes d’un seul coup. Son système confie les séquences répétitives au logiciel, tandis qu’un opérateur distant supervise le travail et reprend la main dans les situations complexes. Cette approche doit permettre à une personne expérimentée de gérer plusieurs équipements ou plusieurs sites sans rester dix heures dans une cabine soumise aux chocs.
La société travaille actuellement sur des débardeurs, des engins qui saisissent les troncs abattus avec une pince puis les tirent jusqu’à une zone de chargement. Selon Kodama, ses installations fonctionnent entre dix et quatorze heures par jour sur des exploitations commerciales. Chaque journée de téléopération produirait environ un téraoctet de données utilisables pour améliorer les fonctions autonomes.
Une technologie intégrée aux machines existantes
Plutôt que d’imposer une flotte entièrement nouvelle, Kodama développe sa plateforme dans l’écosystème des équipements forestiers déjà en service. L’entreprise dit travailler avec deux des trois plus grands fabricants mondiaux du secteur. L’intégration directe permet de réutiliser les capteurs, les diagnostics et les protections présents sur les machines d’origine.
Cette stratégie réduit le coût d’adoption pour les exploitants et évite de perdre la valeur d’engins lourds conçus pour durer. Kodama veut ensuite étendre son système des débardeurs vers les abatteuses et les chargeuses, afin de coordonner progressivement l’ensemble d’un chantier forestier.
Le terrain comme test principal
La forêt cumule des difficultés que les robots rencontrent rarement dans une usine : sols irréguliers, boue, souches, visibilité changeante, communications limitées et objets de taille imprévisible. La présence d’un opérateur dans la boucle réduit le risque de bloquer une machine coûteuse lorsqu’un cas inédit apparaît.
Le modèle économique repose aussi sur la pénurie de conducteurs qualifiés. Les chantiers sont éloignés, les horaires longs et les vibrations éprouvantes. En déplaçant l’opérateur vers un poste distant, Kodama promet d’améliorer la sécurité et la régularité des équipes avant même d’atteindre l’autonomie complète.
La nouvelle levée devra montrer si les résultats annoncés sur 100 000 tonnes se maintiennent avec davantage de machines, de fabricants et de terrains. C’est ce passage d’une assistance locale à une plateforme multi-engins qui déterminera si Kodama peut devenir une couche logicielle durable de l’exploitation forestière.
