Un robot en hanbok accueille des électeurs dans une bibliothèque universitaire de Pyongyang. La scène, partagée par l’ambassade de Russie en Corée du Nord, a rapidement circulé dans les médias internationaux. Derrière cette image inhabituelle se cache une réalité nouvelle : la Corée du Nord développe ses propres robots humanoïdes.
Dojeon et Sujae, nés dans une école de Pyongyang
Selon le journal pro-nord-coréen Choson Sinbo, basé au Japon, le Collège de formation des enseignants de Pyongyang a mis au point une série de robots pédagogiques. Deux modèles se distinguent : Dojeon, qui signifie « Défi », et Sujae, traduit par « Prodige ».
Dojeon intervient directement en classe. Il aide les enseignants à expliquer les cours, répond aux questions des élèves en puisant dans des contenus éducatifs préchargés. Sujae, lui, est conçu pour l’apprentissage à domicile. Destiné aux enfants de 1 à 10 ans, il dispose d’un grand écran central pour diffuser du contenu éducatif interactif.
Un troisième appareil, qualifié de « robot de géométrie », permet aux élèves d’assembler des formes basiques en structures plus complexes, grâce à des composants mobiles pensés pour l’apprentissage par la manipulation.
Un robot en hanbok pour accueillir les électeurs
Le 15 mars, lors des élections à l’Assemblée populaire suprême, un robot à forme féminine, vêtu d’un hanbok blanc et bleu, accueillait les électeurs à l’entrée du bureau de vote installé dans la bibliothèque du collège. L’ambassade de Russie à Pyongyang a diffusé des photos de la scène sur Telegram, décrivant le robot comme une « jeune femme en tenue traditionnelle » guidant les votants dans leurs démarches.
Cette apparition publique est rare dans un pays où les images sont soigneusement contrôlées. Elle marque une volonté explicite de Pyongyang de signaler ses avancées technologiques, autant en interne qu’à l’étranger.
Un positionnement dans la course mondiale à la robotique
Le Choson Sinbo affirme que ces robots « ont une grande valeur pratique pour accroître l’enthousiasme des élèves pour l’apprentissage et développer leur créativité » et que « leur utilisation s’étend à travers le pays ». Aucune précision technique n’a été fournie : on ignore si les robots sont capables de mouvements autonomes ou si leurs interactions restent scriptées.
En parallèle, la presse d’État nord-coréenne avait signalé en juillet 2025 la présence d’un robot IA dans une pharmacie de Pyongyang. Ces appareils semblent être des robots de service fixes plutôt que des humanoïdes mobiles au sens strict, mais leur développement local reste notable pour un pays soumis à de sévères embargos technologiques internationaux.
La Corée du Nord s’insère ainsi dans une dynamique régionale : la Chine voisine investit massivement dans la robotique humanoïde, et la Corée du Sud abrite plusieurs startups robotiques de rang mondial. Pyongyang, à sa manière, envoie le signal qu’elle ne veut pas rester en dehors de cette transformation.