Industrie

La responsable robotique d’OpenAI démissionne après le deal militaire avec le Pentagone

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Caitlin Kalinowski, qui supervisait le matériel de la division robotique d’OpenAI depuis son arrivée de Meta en 2024, a annoncé sa démission le samedi 7 mars. La cause directe : l’accord passé par l’entreprise avec le Département de la Défense américain. « C’était une question de principe », a-t-elle écrit sur X.

L’accord qui a tout déclenché

La semaine précédant sa démission, OpenAI officialisait un partenariat avec le Pentagone, autorisant le Département de la Défense à utiliser ses produits IA. Dans son message public, Kalinowski a formulé ses réserves avec précision : « L’IA a un rôle important dans la sécurité nationale. Mais la surveillance des Américains sans supervision judiciaire et l’autonomie létale sans autorisation humaine sont des lignes qui méritaient plus de délibération qu’elles n’en ont eu. »

OpenAI a répondu via un communiqué : « Notre accord crée un chemin viable pour des usages responsables de l’IA dans la sécurité nationale, tout en précisant nos lignes rouges : pas de surveillance domestique et pas d’armes autonomes. » Sam Altman, que Kalinowski dit « profondément respecter », n’a pas commenté personnellement la démission.

Anthropic dit non, Washington sanctionne

Ce deal s’inscrit dans un contexte plus large. Anthropic avait refusé une proposition similaire quelques semaines plus tôt, invoquant des risques de surveillance de masse et de systèmes létaux autonomes. La réaction de Washington a été immédiate. Donald Trump a qualifié Anthropic de « radical woke » sur Truth Social. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a déclaré la société « risque pour la chaîne d’approvisionnement », interdisant aux contractants du Pentagone de travailler avec elle.

Résultat inattendu : Claude, l’assistant d’Anthropic, est devenu l’application gratuite numéro un sur l’App Store d’Apple. Les téléchargements américains ont progressé de 240% en glissement mensuel en février. L’effet boomerang est visible.

Ce que perd OpenAI en robotique

Le départ de Kalinowski représente un frein concret pour les ambitions robotiques d’OpenAI. Depuis un an, la société a constitué discrètement un laboratoire à San Francisco d’une centaine de collecteurs de données. Les équipes y entraînent un bras robotique à des tâches ménagères — faire le lit, ranger des objets. Un second lab est prévu à Richmond, en Californie.

Ces travaux s’inscrivent dans une trajectoire vers un robot humanoïde, même si les dirigeants d’OpenAI précisent que la robotique n’est pas encore « centrale à la mission principale » de l’entreprise. Kalinowski était la cheville ouvrière de cette division hardware en construction.

Un signal pour l’industrie

Ce départ illustre une fracture croissante dans l’écosystème IA autour des contrats gouvernementaux et militaires. Après des années à s’autodéfinir comme des acteurs de la « sécurité IA », les grands labs font face à des choix concrets : travailler pour la défense, et à quelles conditions.

La démission de Kalinowski, publique et argumentée, rend ce débat difficile à ignorer. Pour les dizaines d’ingénieurs travaillant sur des robots civils, la question de la frontière entre usage civil et usage militaire n’est plus théorique.

Source : Business Insider