Le signal est net. Chacune des dix plus grandes entreprises cotées au monde par capitalisation boursière a désormais mis un pied dans la robotique. La donnée, mise en avant par le média économique coréen KED Global, montre à quelle vitesse les humanoïdes sont devenus un terrain d’affrontement stratégique pour les géants de la tech, les fondeurs et les constructeurs automobiles.
Un champ de bataille entre Big Tech, puces et automobile
La liste des acteurs concernés dessine trois familles. Côté technologie et puces, on retrouve Nvidia, Google et sa division DeepMind, Microsoft, ainsi que les fabricants de mémoire et de semi-conducteurs Samsung, SK Hynix et TSMC. Côté automobile, Tesla pousse son Optimus, tandis que Toyota, BYD, XPeng et le groupe Hyundai investissent à la fois dans leurs propres plateformes et dans leur chaîne d’approvisionnement.
S’ajoutent les pure players du secteur comme Boston Dynamics, propriété de Hyundai, Figure AI ou Apptronik, et les premiers clients industriels tels que BMW et Mercedes-Benz, qui testent des humanoïdes sur leurs lignes. Cette convergence explique pourquoi banques d’affaires, de Morgan Stanley à Goldman Sachs, multiplient les notes sur un marché qu’elles voient peser des milliers de milliards de dollars à terme.
Pourquoi tout le monde se précipite
Derrière cet engouement, une même conviction : la robotique physique serait le prochain grand débouché de l’intelligence artificielle, après le logiciel. Les progrès des modèles de vision et d’action, combinés aux puces d’inférence dédiées, rendent crédible l’idée d’humanoïdes capables d’apprendre des tâches concrètes en usine, en logistique ou dans les services.
Concrètement, les fondeurs vendent les processeurs, les fabricants de mémoire fournissent la bande passante, les constructeurs automobiles apportent le savoir-faire d’assemblage de masse et les laboratoires d’IA livrent les cerveaux logiciels. Aucun maillon ne veut laisser les autres capter la valeur.
La Corée du Sud vise le haut du tableau
Dans ce paysage, la Corée du Sud affiche ouvertement l’ambition de rejoindre le premier rang. Le pays s’appuie sur un écosystème solide de fabricants d’actionneurs, de capteurs et de composants, et sur des groupes intégrés comme Hyundai, Samsung et SK Hynix, déjà présents sur plusieurs maillons de la chaîne.
Reste à transformer cet avantage industriel en leadership produit. La course aux humanoïdes ne fait que commencer, mais elle a déjà aspiré la totalité du sommet de la cote mondiale, preuve que la bataille se jouera autant sur le capital et les puces que sur la robotique elle-même.