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L’Ukraine teste des exosquelettes au front : 30% de charge en moins, 19 km/h, et une IA embarquée

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Pour la première fois dans l’histoire militaire ukrainienne, des soldats ont testé des exosquelettes en conditions de combat réelles. Le 7e Corps d’assaut aérien a publié vendredi une vidéo montrant des artilleurs de la 147e Brigade d’artillerie séparée utilisant ces dispositifs pour charger des obus sur un obusier automoteur CAESAR de fabrication française.

Le déploiement a lieu sur le front de Pokrovsk, l’une des zones de combat les plus intenses du conflit. C’est une première mondiale pour l’Ukraine dans ce domaine.

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

Chaque artilleur porte quotidiennement entre 15 et 30 obus, chacun pesant 50 kilogrammes. « Chaque jour, les artilleurs subissent des charges physiques extrêmes », a déclaré le colonel Vitalii Serdiuk, commandant adjoint du corps, dans un communiqué accompagnant la vidéo.

L’exosquelette est conçu pour réduire la charge sur les muscles des jambes de 30%, permettant aux soldats de se déplacer jusqu’à 19 km/h sur une distance d’environ 16 kilomètres. Le dispositif se fixe à la taille et aux jambes, avec deux actionneurs aux hanches qui fonctionnent comme des charnières pour absorber une partie de l’effort.

Détail pratique : l’appareil est pliable et tient dans une mallette. Son poids propre est de seulement 2 kilogrammes.

Une IA qui s’adapte en temps réel

L’aspect technologique le plus notable est l’intelligence artificielle embarquée. Selon le 7e Corps, l’exosquelette intègre un système d’IA qui analyse en temps réel la charge exercée sur les jambes et la colonne vertébrale du porteur, et ajuste automatiquement son niveau de soutien. Dix modes de fonctionnement différents sont disponibles.

Cette capacité d’adaptation distingue ces dispositifs des exosquelettes passifs classiques, qui reposent uniquement sur des mécanismes mécaniques pour redistribuer les charges.

Un marché en plein essor

L’Ukraine n’est pas seule dans cette course. Les États-Unis développent leur propre technologie, notamment le SABER de l’armée américaine, un exosuit souple porté dans le dos et autour des jambes pour réduire les contraintes sur la colonne vertébrale. Lockheed Martin a de son côté conçu l’ONYX, un exosquelette basse-jambe avec des actionneurs aux genoux, qui n’a pas encore été adopté massivement par l’armée américaine.

Du côté civil, les entreprises SUITX et Exxovantage déploient déjà leurs exosquelettes dans des environnements industriels, notamment dans la logistique lourde pour des entreprises comme IKEA ou MAN Truck, afin de réduire les troubles musculo-squelettiques chez les manutentionnaires.

Le test ukrainien marque cependant une étape symbolique : pour la première fois, ces technologies sortent des entrepôts et des laboratoires pour entrer dans les zones de combat. Si les résultats s’avèrent concluants, ils pourraient accélérer l’adoption militaire à grande échelle de ces dispositifs, avec des implications importantes pour l’avenir des équipements de protection du soldat.