Mecka lève 60 millions de dollars pour alimenter les robots en données réelles

Système de capture et de données de Mecka pour entraîner des robots
Mecka développe une couche de données, d'évaluation et de déploiement pour l'IA physique.

Mecka a annoncé le 7 octobre une série B de 60 millions de dollars menée par Sequoia Capital. La jeune entreprise veut bâtir la couche de données, d’évaluation et de déploiement qui manque encore aux développeurs de robots pour passer du laboratoire au terrain.

Le tour de table réunit aussi NVIDIA, M12, le fonds de Microsoft, Qualcomm Ventures et Samsung. Framework Ventures, Kindred Ventures et Neo reviennent au capital. Mecka ne construit pas elle-même de robot. Elle se présente comme un intégrateur entre les fabricants de matériel, les équipes qui entraînent les modèles et les entreprises qui cherchent à automatiser des tâches physiques.

Des démonstrations humaines transformées en données robotiques

Le point de départ est simple : une vidéo brute ne suffit pas à apprendre à un robot comment agir. Il faut identifier les mouvements, replacer les objets dans l’espace, ajouter du contexte, contrôler la qualité puis mesurer si une politique robotique réussit réellement la tâche. Mecka collecte donc des activités humaines à la première personne avec des smartphones, des capteurs corporels et du matériel spécialisé.

Son jeu de données EgoVerse regroupe ces interactions dans des environnements ordinaires. L’entreprise indique compléter les images par du suivi de mouvement et de la reconstruction 3D. Les clients peuvent accéder à un jeu de données existant, commander une collecte pour une tâche précise ou faire évaluer un modèle dans des conditions proches d’un futur déploiement.

Cette approche cible particulièrement les humanoïdes et les systèmes d’IA incarnée. Leur progression dépend moins de la seule puissance de calcul que de la diversité des situations rencontrées : éclairages changeants, objets déplacés, outils différents ou gestes imparfaits. Une flotte de capture humaine permet théoriquement de documenter ces variantes plus vite qu’une flotte de robots encore coûteuse.

Mecka présente sa couche de données et de déploiement pour l’IA physique dans une vidéo officielle.

Un pari sur le passage à l’échelle

Selon Crypto Briefing, Mecka a désormais annoncé 128 millions de dollars de financement en trois tours depuis août 2025. La société, installée à New York et Toronto, aurait entre 40 et 60 salariés. Elle ne communique pas la valorisation associée à cette série B.

Le financement place la donnée robotique au même rang stratégique que les capteurs, les actionneurs ou les modèles. Les investisseurs cités couvrent justement plusieurs maillons de cette chaîne, des puces à l’intégration industrielle.

Le transfert de l’humain au robot reste à démontrer

La difficulté centrale ne disparaît pas pour autant. Une main humaine et une pince robotique n’ont ni la même géométrie ni les mêmes contraintes. Les trajectoires observées doivent être traduites en actions compatibles avec chaque machine, puis validées sur le matériel réel. Mecka devra donc prouver que son infrastructure réduit effectivement le temps nécessaire à un déploiement fiable, pas seulement le coût de la collecte.

La présentation officielle de Mecka insiste sur cette boucle complète, de la donnée jusqu’aux essais en situation commerciale. C’est sur cette capacité d’intégration, davantage que sur le volume brut de vidéos, que se jouera la valeur de la nouvelle levée.

Le briefing RoboActu

L’essentiel de la robotique, une fois par semaine.

Une sélection courte des annonces, usages et robots à suivre.

Continuer sur ce sujet

Comparer les robots