Neo, le robot domestique de 1X qui arrive dans nos salons et rend les experts nerveux

Robot humanoide domestique Neo de 1X Technologies

Une dizaine de robots à forme humaine s’apprêtent à arriver sur le marché grand public. Parmi eux, Neo, le robot domestique de la société 1X Technologies, cristallise l’attention. Et derrière la promesse d’un assistant ménager à tout faire, plusieurs experts du secteur affichent une vraie nervosité.

À quoi ressemble Neo

Neo mesure environ 1,67 mètre et n’a aucun trait de visage, juste deux caméras noires à la place des yeux. C’est un humanoïde : ses proportions mélangent celles de l’homme et de la femme américains médians. Le robot n’a pas de peau. Il porte une combinaison en nylon beige, des gants et des chaussures rembourrées par-dessus une carapace transparente.

Sous cette enveloppe se cache un squelette de plus d’une centaine de moteurs et de tendons artificiels en forme de cordes qui animent ses membres. L’engin ne pèse que trente kilos environ, assez léger pour être porté à bras. Il communique via un haut-parleur logé dans sa poitrine, avec plusieurs voix possibles. Dans son crâne, une carte mère de la taille d’une tranche de pain fait office de cerveau.

Un pari sur la forme humaine

Neo est la création de Bernt Bornich, PDG de 1X Technologies. Ce Norvégien de 42 ans est passionné de robots depuis l’enfance. Son entreprise s’appelait autrefois Halodi et vendait des robots de sécurité à roues depuis des bureaux au sud d’Oslo. En 2022, Bornich a déménagé dans la Silicon Valley, rebaptisé sa société et lancé Neo peu après.

Sa conviction tient en une idée : la suprématie de la forme humaine. « Nous sommes incroyablement bien conçus », affirme-t-il. L’environnement dans lequel évolueront les humanoïdes est déjà pensé pour des humains valides. Pour ouvrir une poignée de porte, il faut une main. Pour monter un escalier, il faut des pieds. Bornich pousse le biomimétisme plus loin que ses pairs : Neo utilise des tendons là où d’autres emploient des moteurs, et place sa carte mère dans la tête plutôt que dans le torse.

Le robot fait-il vraiment ce qu’on lui demande

Neo peut parler, écouter et répondre à des consignes. Grâce à l’IA, il tente de traduire les mots en actions physiques. Si vous lui demandez de prendre une tasse sur une table, il essaiera. Si vous lui demandez de ranger le lait au réfrigérateur, il essaiera aussi. Le mot clé reste « essayer ». Neo ne réussit pas toujours ces tâches, et personne ne sait vraiment ce dont il est capable ou non.

C’est précisément ce qui dérange une partie des roboticiens. Comme le résume l’un d’eux, « le même robot qui peut réaliser un salto arrière n’est peut-être pas capable de monter un escalier ». L’écart entre la démonstration spectaculaire et l’utilité réelle au quotidien reste énorme.

Certains acteurs du domaine vont plus loin et mettent en garde contre le déploiement dans des logements. Pour eux, les humanoïdes ne sont pas encore assez sûrs pour les espaces résidentiels. Le reproche porte aussi sur l’apparence. « Les gens utilisent l’apparence pour induire le public en erreur », estime un fondateur du secteur. Donner une forme humaine à un robot fait attendre des capacités humaines, alors que la technologie reste loin du compte. Le débat est lancé, et l’arrivée annoncée de Neo dans les foyers ne fera que l’amplifier.

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