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Neptune Medical : le robot d’endoscopie Triton réussit 100 % de coloscopies dans sa première étude clinique sur 50 patients

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

Neptune Medical a publié mardi 5 mai les résultats de la première étude clinique sur l’humain de Triton, son robot d’endoscopie gastro-intestinale. Sur 50 patients suivis pendant 14 jours dans un centre polonais, le robot affiche zéro événement indésirable et 100 % de réussite à l’intubation caecale, le passage complet du côlon jusqu’au cæcum. Les données ont été présentées au Digestive Disease Week à Chicago. La start-up californienne, basée à Burlingame, vise un dépôt FDA dans l’année et une autorisation de mise sur le marché en 2027.

Un robot pensé pour soulager les gastro-entérologues

Triton est un endoscope robotisé conçu pour les coloscopies de dépistage, de surveillance et de diagnostic, mais aussi pour deux gestes plus complexes appelés résection muqueuse endoscopique et dissection sous-muqueuse endoscopique. Le système n’est pour l’instant homologué ni aux États-Unis ni à l’international. L’étude CARE 1 montre un taux de détection de polypes de 67,5 % et un taux de détection d’adénomes de 54,2 %, deux indicateurs clés pour un examen de dépistage du cancer colorectal.

L’autre métrique mise en avant par Neptune Medical est l’ergonomie. Une coloscopie classique impose au médecin une posture pénible, le bras maintenu à hauteur d’épaule pendant 20 à 30 minutes par patient. La fatigue limite le nombre d’examens qu’un endoscopiste peut enchaîner dans une journée. Triton transforme l’opérateur en pilote, avec une console qui réduit l’effort physique. Pour Jason Samarasena, chef de gastro-entérologie à l’University of California Irvine et investigateur de l’étude, le système ouvre la voie à un grand nombre de coloscopies de qualité par jour avec une fatigue minimale, dans un contexte de demande croissante aux États-Unis.

97 millions de dollars en 2024 et un focus complet sur le robot

Neptune Medical avait levé 97 millions de dollars en série D en 2024, menée par Sonder Capital avec la participation d’Olympus, le géant japonais de l’endoscopie. Dans la foulée, l’entreprise a essaimé sa filiale Jupiter Endovascular pour se concentrer entièrement sur la robotique gastro-intestinale. Avant Triton, Neptune commercialisait déjà Pathfinder, un dispositif d’endoscopie classique homologué FDA et utilisé sur plus de 15 000 patients dans plusieurs centres médicaux américains, qui sert aujourd’hui de tête de pont commerciale.

Le marché ciblé est massif. Le cancer colorectal est la deuxième cause de décès par cancer aux États-Unis et la coloscopie reste l’examen de référence pour le dépister. Mais les centres manquent de gastro-entérologues formés et les listes d’attente s’allongent. Un robot qui réduit la fatigue de l’opérateur tout en garantissant un parcours complet du côlon répond directement à ce goulot d’étranglement.

Olympus avance en parallèle, le marché se structure

Triton n’arrivera pas seul sur le marché. Olympus, qui détient environ 70 % du marché mondial des endoscopes, travaille en parallèle sur sa propre plateforme robotique gastro-intestinale via un partenariat avec Revival Healthcare Capital, baptisé Swan EndoSurgical. Le japonais vient aussi d’annoncer cette semaine un accord de distribution avec EndoRobotics pour des dispositifs robotiques endoscopiques. La compétition s’organise autour des mêmes promesses : meilleure précision, meilleure ergonomie, plus de procédures par jour et par praticien.

L’entrée en clinique de Triton confirme une bascule en cours dans l’endoscopie. Après les robots chirurgicaux à la Da Vinci d’Intuitive Surgical, qui ont colonisé les blocs opératoires depuis 25 ans, c’est au tour de l’endoscopie souple de se robotiser. Les enjeux financiers sont du même ordre : 70 millions de coloscopies sont réalisées chaque année dans le monde, et chaque procédure facture entre 1 000 et 3 000 dollars selon le pays. Le calendrier annoncé par Neptune, dépôt FDA en 2026 et approbation visée en 2027, place le concurrent direct d’Olympus en position de premier robot endoscopique souple commercial à Chicago.

Sources : MedTech Dive, Business Wire, Medscape.

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