NEURA revendique 1,1 milliard de dollars de commandes de robots

Centre d’entraînement NEURA Gym pour robots à l’université RWTH d’Aix-la-Chapelle
Le NEURA Gym prévu avec la RWTH d’Aix-la-Chapelle doit entraîner et valider des robots sur des tâches industrielles réelles.

NEURA Robotics affirme que son carnet de commandes dépasse désormais 1,1 milliard de dollars. Selon un porte-parole cité par Forbes le 18 octobre, environ la moitié de ce montant concerne la gamme actuelle de robots collaboratifs du groupe allemand. Le reste accompagne ses ambitions dans les humanoïdes, les logiciels et les centres d’entraînement pour robots.

Ce chiffre donne une nouvelle indication sur la demande adressée à NEURA, mais il doit être lu avec prudence : il provient de l’entreprise et ne correspond pas à un revenu déjà comptabilisé. Forbes rapporte également une réserve d’opportunités commerciales de 11 milliards de dollars, composée d’accords dont les niveaux d’engagement varient. Environ 80 % seraient liés aux humanoïdes, aux NEURA Gyms et à la plateforme Neuraverse.

Des centres pour entraîner les robots au travail réel

Les NEURA Gyms constituent la partie la plus concrète de cette stratégie. Dans ces installations, des robots répètent des tâches industrielles en conditions réelles et produisent des données synchronisées de vision, de toucher, de force, de son et de mouvement. Les entreprises partenaires peuvent y tester un cas d’usage avant un déploiement dans leurs propres usines.

NEURA annonçait en juillet dix centres en préparation, dont cinq prévus en activité avant la fin de 2026 en Europe, aux États-Unis et en Chine. Celui de l’université RWTH d’Aix-la-Chapelle doit occuper environ 3 000 mètres carrés et associer une vingtaine d’instituts. Un autre site de 2 300 mètres carrés, développé avec l’université technique de Munich près de l’aéroport, bénéficie d’un engagement de 17 millions d’euros.

Relier les données, le modèle et les robots

Ces centres alimentent Neuron AI, le modèle multimodal présenté par NEURA le 14 octobre. Son architecture combine vision 3D, toucher, audio, état du robot, langage et mémoire. L’entreprise indique l’avoir entraînée sur des données issues de robots réels, de simulations et de démonstrations humaines.

Le même modèle doit fonctionner sur cinq types de robots NEURA, avec plusieurs pinces et mains. Les compétences apprises sont ensuite distribuées par Neuraverse, la plateforme qui relie les centres d’entraînement, les développeurs et les flottes. Le constructeur veut ainsi réduire le temps nécessaire pour apprendre une tâche puis la reproduire sur plusieurs machines.

Un carnet de commandes qui reste à convertir

La valeur annoncée montre que les cobots demeurent importants dans l’activité de NEURA, malgré la visibilité donnée aux humanoïdes. Cette base industrielle peut financer l’apprentissage, les capteurs et les outils logiciels nécessaires aux machines plus générales.

Les montants prospectifs ne garantissent toutefois ni la livraison des robots ni la rentabilité des projets. Le passage d’un accord à une installation productive dépendra de la fiabilité des machines, de leur sécurité et du coût de chaque tâche automatisée. Les NEURA Gyms doivent précisément servir à mesurer ces critères avant le déploiement.

L’enjeu dépasse donc le nombre d’humanoïdes présentés. NEURA tente de construire une chaîne complète, depuis la collecte de données physiques jusqu’au modèle et à l’exploitation d’une flotte. Le chiffre de 1,1 milliard de dollars apporte un signal commercial, mais les prochaines étapes décisives seront les ouvertures effectives des centres, les livraisons et les performances constatées chez les clients.

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