La robotique humanoïde européenne vient de signer l’une de ses plus grosses levées de fonds. L’allemand Neura Robotics a annoncé mercredi un tour de table de série C pouvant atteindre 1,4 milliard de dollars, avec à son capital des poids lourds comme Nvidia, Amazon, Qualcomm et Tether.
Un tour de table qui mêle tech américaine et industrie allemande
Le financement réunit un casting inhabituel. Aux côtés des géants américains de la tech, on retrouve les industriels allemands Bosch et Schaeffler, ainsi que la Banque européenne d’investissement. Cette alliance entre capital-risque, fabricants de composants et financement public illustre la volonté de l’Europe de ne pas laisser le terrain de l’IA physique aux seuls États-Unis et à la Chine.
Basée près de Stuttgart, Neura Robotics développe des robots dits «cognitifs», capables de percevoir leur environnement et d’apprendre des tâches plutôt que de suivre une programmation rigide. L’entreprise mise sur cette approche pour ses humanoïdes destinés à l’industrie et aux services.
La robotique attire des sommes record en 2026
Cette levée s’inscrit dans une dynamique exceptionnelle. Selon les données de Dealroom, les entreprises de robotique ont levé 55,8 milliards de dollars depuis le début de l’année 2026. Un montant record, presque le double du précédent sommet atteint l’an passé. La majorité de ces capitaux est partie vers les États-Unis et la Chine, mais l’Europe commence à peser.
Le continent peut compter sur quelques pépites. Outre Neura, on trouve l’allemand Agile Robots, soutenu par SoftBank, et le britannique Humanoid. La présence de Bosch et Schaeffler au capital de Neura donne à l’entreprise un accès direct aux chaînes d’approvisionnement industrielles, un atout face aux concurrents qui partent souvent de zéro côté fabrication.
Pourquoi ces montants explosent
Les investisseurs parient sur le déploiement de l’intelligence artificielle dans des systèmes physiques capables d’agir dans le monde réel. Après des années de progrès rapides côté logiciel, l’attention se déplace vers les machines qui marchent, attrapent et manipulent. Nvidia, qui fournit les puces et les plateformes logicielles de nombreux acteurs du secteur, a tout intérêt à voir ce marché grossir.
Pour Neura, l’enjeu va maintenant être de transformer ce trésor de guerre en production concrète. Lever 1,4 milliard de dollars place l’entreprise dans une cour très select, mais la vraie épreuve reste la même pour tous les humanoïdes : passer des démonstrations aux déploiements payants en usine et dans les entrepôts.