La start-up américaine Origin sort de la discrétion avec 20 millions de dollars et un premier robot déjà à l’œuvre sur des chantiers. Baptisé OG-1, il automatise la finition des murs et doit servir de base à d’autres métiers de l’aménagement intérieur.
Le financement est codirigé par Accel et Zacua Ventures. Il doit permettre à Origin d’agrandir sa flotte, de mener des pilotes aux États-Unis et en Europe et d’adapter sa plateforme à de nouvelles tâches. Deux grands spécialistes américains de la finition des plaques de plâtre figurent parmi les clients annoncés. Des essais sont aussi prévus en Allemagne, en Suède, en France et en Arabie saoudite.
Un robot pensé pour les chantiers réels
OG-1 applique l’enduit, ponce puis prépare les murs avant peinture. La machine repose sur une base à trois roues et observe son environnement à 360 degrés. Elle peut travailler jusqu’à environ 4,3 mètres de hauteur et maintient une pression régulière contre la paroi grâce à un contrôle d’effort en temps réel.
Origin affirme que le robot intervient aussi dans les angles, autour des piliers, sous les retombées de plafond et sur des surfaces irrégulières. Les équipes humaines restent chargées de la cartographie initiale du site et du réapprovisionnement en matériaux. Le robot est conçu pour évoluer près des autres corps de métier, sans zone entièrement condamnée autour de lui.
La jeune entreprise dit avoir envoyé ses premières machines sur des chantiers new-yorkais moins de dix mois après sa création. OG-1 travaille aujourd’hui dans des locaux commerciaux, des immeubles résidentiels, des centres de données, des hôtels et des entrepôts. Origin revendique une exécution trois fois plus rapide que celle d’un opérateur humain, avec une qualité comparable. Ce chiffre reste une mesure fournie par le constructeur.
Un même matériel pour plusieurs métiers
La stratégie ne consiste pas à construire un robot différent pour chaque opération. OG-1 emploie des outils interchangeables et un système logiciel baptisé Construction Action Model. Celui-ci décompose les travaux, choisit la zone d’intervention, pilote l’outil et vérifie la qualité du résultat.
Le modèle est entraîné dans des simulations puis avec les données recueillies sur les chantiers. Origin prévoit d’ajouter la pose de bandes, l’installation de plaques, le perçage et la mise en place de conduits. L’entreprise vise 150 robots déployés d’ici la fin de 2027.
La pénurie de main-d’œuvre comme moteur
Origin cible un secteur où les conditions changent en permanence et où les prototypes de laboratoire échouent souvent. Selon une enquête professionnelle citée par l’entreprise, les pénuries de personnel ont retardé des projets chez 42 % des sociétés américaines interrogées en 2026.
Le pari économique est donc précis : confier les tâches physiques répétitives ou en hauteur à une machine, tout en laissant aux ouvriers la préparation du chantier, la fourniture des matériaux et les interventions complexes. La levée devra montrer si OG-1 peut conserver sa cadence et sa qualité sur une flotte plus large, dans plusieurs pays et sur des bâtiments très différents.
