PlusAI affirme avoir franchi de nouveaux jalons de préparation commerciale pour SuperDrive, son système de conduite autonome destiné aux camions construits en usine. L’entreprise vise toujours un lancement commercial en 2027 et publie désormais des indicateurs semestriels pour suivre l’avancement de cette trajectoire.
Le chiffre central est le Safety Case Readiness, présenté comme la progression du dossier d’ingénierie nécessaire pour soutenir un déploiement sûr. PlusAI le donne à 93,4 % au premier semestre 2026, contre 90,1 % au second semestre 2025. L’entreprise revendique aussi 99,8 % de miles parcourus en mode autonome pendant ses opérations commerciales et 85,2 % de trajets sans assistance distante.
Ces métriques ne signifient pas qu’un camion sans conducteur est déjà généralisé sur route ouverte. Elles indiquent plutôt que PlusAI cherche à documenter la maturité de son système sur trois axes : preuve de sécurité, part de conduite autonome et capacité à effectuer des trajets sans intervention d’un opérateur distant.
SuperDrive se rapproche d’un usage industriel
PlusAI développe SuperDrive comme un conducteur IA de niveau 4 pour poids lourds. Au premier semestre, l’entreprise cite un essai commercial avec International et Ryder sur le corridor de fret I-35 au Texas, ainsi que la sortie de SuperDrive 6.0. Cette version ajoute notamment des améliorations de traitement, la conduite de nuit et la gestion de zones de travaux, trois situations critiques pour une exploitation de fret à grande échelle.
La société dit travailler avec des partenaires constructeurs pour intégrer son système dans des camions produits en usine. C’est un point important : l’autonomie routière longue distance ne dépend pas seulement du logiciel, mais aussi de la redondance du véhicule, de la maintenance, de la supervision et de l’intégration avec les flottes.
Une course à la preuve plus qu’à la démonstration
Dans le transport autonome, les démonstrations spectaculaires ne suffisent plus. Les clients logistiques demandent des éléments mesurables sur la sécurité, la disponibilité et le coût d’exploitation. Les indicateurs publiés par PlusAI répondent à cette attente, même s’ils restent fournis par l’entreprise elle-même et devront être confirmés par des déploiements commerciaux plus ouverts.
La progression de RAFT, l’indicateur de trajets sans assistance distante, est particulièrement sensible. Une flotte qui dépend trop souvent d’opérateurs humains perd une partie de son avantage économique. PlusAI dit viser plus de 90 % avant le lancement commercial, ce qui laisse encore une marge à combler.
Notre analyse
Le sujet dépasse le seul camion autonome. Les camions de fret sont des robots mobiles lourds, opérant dans un environnement public, avec des exigences de sûreté beaucoup plus strictes qu’un robot d’entrepôt. Si PlusAI atteint son objectif de 100 % de Safety Case Readiness en 2027, l’entreprise pourra présenter un dossier plus lisible aux transporteurs, assureurs et autorités.
La prudence reste nécessaire : les pourcentages de préparation commerciale ne remplacent pas des données publiques d’incidents, de kilomètres, de conditions météo ou de reprises humaines. Mais la publication régulière de ces métriques donne un signal intéressant : l’industrie du camion autonome entre dans une phase où la preuve opérationnelle compte davantage que la promesse technologique.
