Kim Chang-han, PDG de Krafton, porte désormais deux casquettes. Le créateur de PUBG: Battlegrounds vient d’être officiellement nommé CEO de Ludo Robotics, une startup qu’il a cofondée pour explorer une question précise : comment doter un robot humanoïde d’une intelligence sociale crédible ? Son directeur IA, Lee Kang-wook, occupera simultanément le poste de CTO de Ludo Robotics Korea, la filiale coréenne déjà opérationnelle.

« The Social Humanoid Brain Company »
Ludo Robotics ne construit ni bras, ni moteurs, ni capteurs. L’entreprise se positionne exclusivement sur le logiciel de cognition, d’apprentissage et de manipulation. Son slogan officiel, « The Social Humanoid Brain Company », résume l’ambition.
L’idée centrale : les humanoïdes qui arrivent sur le marché ont des corps de plus en plus performants, d’Unitree à Figure AI en passant par Boston Dynamics. Mais leur capacité à interagir naturellement avec les humains reste un défi non résolu. Ludo veut remplir ce vide avec des systèmes d’intelligence robuste et adaptative capables d’opérer dans des environnements réels.
Les jeux vidéo comme terrain d’entraînement
Ce qui distingue Krafton dans ce pari, c’est son héritage technique. Des décennies à simuler des comportements humains dans des environnements ouverts, à développer des moteurs physiques réalistes et des systèmes de gestion de personnages complexes. PUBG: Battlegrounds, avec ses millions de joueurs en simultané dans des environnements dynamiques, a été un terrain d’entraînement pour exactement le type de problèmes qu’affronte l’IA physique.
Des médias coréens rapportent que Krafton compte transposer ces technologies directement dans Ludo Robotics : simulation d’environnements, moteurs physiques, apprentissage par renforcement. Le jeu vidéo comme laboratoire de physical AI, c’est une approche originale dans un secteur dominé par les ingénieurs en robotique traditionnelle.
Structure internationale, ambition globale
Ludo Robotics est légalement domicilié à San Francisco, dans l’écosystème de la Bay Area, tout en maintenant une filiale coréenne active fondée en début d’année. La structure reflète une stratégie d’internationalisation rapide.
La stratégie « AI for Game » de Krafton, déclinée jusqu’ici dans le développement et le gameplay, se prolonge désormais dans le monde physique. Ce n’est pas la première fois qu’un acteur inattendu entre dans la course aux humanoïdes. Des constructeurs automobiles, des sociétés pharmaceutiques, des géants du e-commerce : tous misent sur les robots sociaux. Krafton parie que son savoir-faire dans la simulation lui donne une longueur d’avance sur les cerveaux de ces machines.
Les humanoïdes ont besoin de cerveaux sociaux. Et Krafton parie que c’est lui qui les fournira.