Robot.com, l’entreprise née sous le nom de Kiwibot, quitte le terrain des robots livreurs pour s’attaquer aux humanoïdes de travail. Elle vient de dévoiler R-noid, une plateforme pensée pour les tâches répétitives de la logistique, de la restauration, de la santé et de l’industrie.

D’un robot livreur à un travailleur d’usine
Contrairement à la plupart des jeunes pousses du secteur, Robot.com ne part pas de zéro. Fondée en 2017, l’entreprise a déployé sa flotte de robots autonomes aux États-Unis, au Canada, à Dubaï et dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Elle revendique aujourd’hui plus de 500 machines en service et 2,5 millions de tâches réalisées en conditions réelles.
Cette expérience de terrain pèse autant que la technologie elle-même. Maintenance, supervision à distance, gestion de flotte, support client : Robot.com a appris à faire tourner des robots dans la durée, là où beaucoup de concurrents en sont encore aux démonstrations de laboratoire. R-noid vient compléter une gamme qui comprenait déjà R-kiwi pour la livraison et R-cargo pour le transport de marchandises en entrepôt.
Un torse humanoïde sur une base à roues
Plutôt qu’un bipède qui marche comme un humain, Robot.com a choisi un compromis pragmatique. R-noid combine un buste humanoïde avec une base mobile à roues. Ce choix privilégie la stabilité, la fiabilité et la rapidité de déploiement sur l’imitation de la marche humaine.
La machine embarque deux bras à sept degrés de liberté chacun et un torse articulé capable de s’étendre jusqu’à près de deux mètres en hauteur. De quoi atteindre des étagères, des postes de travail et des équipements conçus pour des opérateurs humains. Concrètement, R-noid vise cinq usages au lancement : assistant en restaurant, préparateur de commandes, emballeur, plieur et agent d’accueil.
Une pile logicielle empruntée aux meilleurs labos
La technologie qui anime R-noid repose sur plusieurs partenariats. Robot.com s’appuie sur FieldAI et ses Field Foundation Models, une couche d’autonomie généraliste censée aider le robot à opérer dans des environnements qu’il ne connaît pas et à coordonner plusieurs machines en même temps.
Pour la manipulation, l’entreprise intègre le modèle pi0.7 de Physical Intelligence, un système vision-langage-action qui traduit des instructions en langage naturel en gestes physiques. Résultat : le même robot peut emballer, prélever ou plier sans qu’on lui réécrive une architecture logicielle pour chaque tâche. Le calcul embarqué s’appuie sur des modules NVIDIA Jetson, et les comportements sont validés en amont dans NVIDIA Isaac Sim avant tout déploiement.
Pourquoi c’est important
Le marché des humanoïdes industriels se remplit vite, entre Figure, Agility, Unitree ou les acteurs chinois. L’arrivée de Robot.com illustre une tendance de fond : les entreprises qui réussissent à passer du prototype au déploiement misent sur des robots qui font bien un petit nombre de tâches, plutôt que sur des machines universelles. Avec une flotte déjà active et un réseau de support rodé, Robot.com tente de transformer son avance opérationnelle en argument commercial face à des rivaux mieux financés mais moins éprouvés sur le terrain.
