Stellantis, Bolt et Pony.ai préparent des robotaxis dans le Grand Paris dès 2028

Illustration d’un robotaxi de niveau 4 circulant sur une carte stylisée du Grand Paris
Le Living Lab du Grand Paris doit tester jusqu’à 33 véhicules autonomes à partir de 2028.

Stellantis, Bolt, Pony.ai et la Métropole du Grand Paris veulent lancer une première expérimentation de robotaxis dans un maximum de cinq communes franciliennes à partir de 2028. Le projet prévoit jusqu’à 33 véhicules autonomes au démarrage, avant une possible extension à une trentaine de villes et une exploitation commerciale visée pour 2030.

Un laboratoire à ciel ouvert pour la conduite autonome

L’initiative, baptisée « Greater Paris Autonomous Driving Living Lab », a été présentée le 23 octobre lors des Assises du véhicule autonome à Paris. Elle s’inscrit dans ADACities, un programme européen destiné à tester l’intégration de véhicules autonomes dans des environnements urbains réels.

La première phase doit se concentrer sur des communes du nord-ouest de l’agglomération. Les partenaires citent plusieurs usages : desserte du premier et du dernier kilomètre, trajets en heures creuses, mobilité des personnes âgées et transport lors de grands événements. Le territoire concerné compte 7,2 millions d’habitants, ce qui place l’expérimentation dans un environnement beaucoup plus dense que les zones pilotes fermées habituellement utilisées.

Stellantis fournit le véhicule, Pony.ai la conduite

Les rôles annoncés sont clairement répartis. Stellantis doit fournir des véhicules reposant sur sa plateforme « L4-Ready ». Pony.ai apportera son système de conduite autonome, fondé notamment sur l’architecture NVIDIA Hyperion et le système de sécurité Halos. Bolt doit intégrer le service à sa plateforme et assurer l’interface avec les passagers.

La conduite de niveau 4 permet au véhicule de fonctionner sans conducteur dans un domaine opérationnel défini. Elle ne signifie donc pas qu’une voiture peut rouler seule partout et par toutes les conditions. Les communes retenues, les itinéraires, les vitesses et les modalités de supervision devront encore être précisés.

Bolt se dit prêt à engager jusqu’à 33 véhicules pour la phase initiale. Stellantis indique viser un taux d’erreur inférieur à un événement pour 100 millions d’heures sur les fonctions de sécurité concernées. Ce chiffre reste un objectif d’ingénierie et non un résultat démontré sur le réseau francilien.

Un calendrier encore soumis au cadre réglementaire

L’annonce donne une trajectoire mais pas encore de date de mise en service précise en 2028. Les partenaires devront obtenir les autorisations, définir la supervision à distance, organiser les zones de prise en charge et démontrer que le service peut cohabiter avec les autres modes de transport.

Le même jour, Stellantis a présenté une autre collaboration avec Wayve, NVIDIA et Uber pour accélérer les véhicules autonomes de niveau 4 en France et en Europe. Les deux annonces montrent que le constructeur privilégie une plateforme ouverte à plusieurs fournisseurs de conduite et opérateurs de mobilité.

Notre analyse

Le principal intérêt du projet tient à son ancrage territorial. Il ne s’agit pas seulement d’un démonstrateur technique : la Métropole du Grand Paris veut mesurer l’usage d’une petite flotte dans des déplacements quotidiens. Mais le premier déploiement est encore prévu dans deux ans et l’échelle de 33 véhicules reste modeste. La valeur du Living Lab dépendra donc des communes choisies, des kilomètres réellement parcourus en autonomie et de la publication d’indicateurs de sécurité et de disponibilité.

Sources : Journal de l’Automobile, projet Grand Paris ; Journal de l’Automobile, partenariat Stellantis-Wayve-NVIDIA-Uber.

Fiches Robodex citées

Le briefing RoboActu

L’essentiel de la robotique, une fois par semaine.

Une sélection courte des annonces, usages et robots à suivre.

Continuer sur ce sujet

Comparer les robots