Industrie

Schaeffler s’engage sur 1 000 humanoïdes AEON d’Hexagon d’ici 2032 et fournira leurs actionneurs

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Schaeffler va déployer au moins 1 000 humanoïdes AEON conçus par Hexagon Robotics dans son réseau industriel mondial d’ici 2032. L’équipementier allemand officialise ainsi le passage du pilote à la phase d’industrialisation et confirme son rôle de fournisseur d’actionneurs de précision pour le robot.

Du pilote à mille robots déployés

L’annonce, relayée le 29 avril par The Robot Report, fait suite à un programme pilote bouclé l’an dernier. Lors de cette première phase, l’AEON avait démontré sa capacité à charger, décharger et inspecter des pièces sur une station multi-machines en environnement de production réel, en s’appuyant sur sa fusion de capteurs et sa locomotion à roues. Le robot d’Hexagon présente la particularité d’avoir des jambes terminées par des roues, ce qui lui offre plus de souplesse qu’un bipède classique tout en gardant un encombrement humanoïde.

Un partenariat à double détente

L’accord ne se limite pas à un déploiement : Schaeffler fournira ses actionneurs haute précision pour équiper les AEON. Une convergence technologique qui aligne les feuilles de route des deux groupes. Pour Arnaud Robert, président d’Hexagon Robotics, « AEON a été développé spécifiquement pour le marché industriel, en tirant parti de notre expertise en fusion capteurs, intelligence spatiale et physical AI ». Côté Schaeffler, Jochen Schröder, directeur des opérations, présente l’opération comme la création d’un socle pour l’usage généralisé des humanoïdes.

Concrètement, les robots seront répartis sur plusieurs sites Schaeffler. De nouvelles applications, dont l’inspection automatique de pièces, sont attendues à partir de fin 2026. Un point clé du partenariat porte sur la génération et l’exploitation des données issues de la production pour accélérer le déploiement sur de nouveaux cas d’usage.

Schaeffler tisse aussi une toile vers l’Asie du Sud-Est

Le même jour, Schaeffler a signé un mémorandum d’entente avec le vietnamien VinDynamics, un autre constructeur d’humanoïdes. L’accord, paraphé à Hanoï, marque la première coopération du groupe avec une société d’humanoïdes en Asie du Sud-Est. Schaeffler fournira ses actionneurs et systèmes de contrôle de mouvement, et VinDynamics adaptera son logiciel embarqué pour assurer la compatibilité.

L’industriel allemand obtiendra en retour des données opérationnelles sur ses actionneurs en conditions réelles, ce qui doit alimenter ses services de maintenance prédictive et de surveillance de l’état. En clair, Schaeffler se positionne moins comme un client final que comme un fournisseur stratégique de composants pour la nouvelle vague de constructeurs humanoïdes, tout en restant un acheteur captif via Hexagon.

Pourquoi 2032 et pas avant

Le calendrier annoncé, sept ans pour atteindre le seuil de mille robots, peut sembler prudent au regard des chiffres affichés par les concurrents chinois. Unitree vise 20 000 humanoïdes livrés dès 2026, XPENG promet 10 000 unités de son IRON en 2027. Mais les deux contextes ne sont pas comparables : Schaeffler raisonne en déploiement interne sur ses propres lignes, avec des objectifs de qualité et de cycles de production stricts, là où les constructeurs chinois cherchent à écouler du volume sur un marché ouvert.

Le rythme reflète aussi la réalité des chaînes industrielles européennes : qualifier un humanoïde sur une ligne d’assemblage de roulements ou d’embrayages exige des phases de validation longues. Le choix d’une montée en charge progressive, alimentée par la donnée de chaque pilote, est une approche plus prudente que celle de la course aux unités, mais sans doute plus alignée avec la culture industrielle allemande.

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