Sereact et Teradyne Robotics ont officialisé le 21 octobre un partenariat pour déployer le logiciel de robotique Cortex sur les bras collaboratifs d’Universal Robots. Les deux entreprises visent des opérations difficiles à automatiser, notamment le traitement de retours textiles, la préparation de commandes, le tri et l’alimentation de machines.
La coopération est déjà sortie du laboratoire. Les partenaires indiquent avoir livré plusieurs centaines de robots Universal Robots au sein de systèmes à deux bras installés chez des clients européens. Cortex doit permettre à ces cellules de manipuler des objets mélangés, inconnus ou emballés de façons variables, sans créer un programme distinct pour chaque référence.
Des retours Zalando traités en Allemagne et en Pologne
Le cas le plus concret concerne les centres logistiques de Zalando à Greven, en Allemagne, et Świebodzin, en Pologne. En collaboration avec CEVA Logistics, les robots y traitent de manière autonome des articles de mode retournés. Cette première phase doit préparer une extension de l’automatisation des retours en Europe.
Les retours constituent un problème particulier pour la robotique. Les produits arrivent dans des orientations et des emballages imprévisibles, et leur mélange évolue constamment. Sereact affirme que son modèle vision-langage-action peut adapter la prise et le traitement sans réentraînement propre à chaque objet. La remise plus rapide des articles dans le circuit de vente doit aussi limiter les pertes et faciliter le respect des règles européennes qui encadrent la destruction des invendus et retours.
Un même modèle pour plusieurs tâches
Le partenariat couvre également le réassort en magasin, le prélèvement de pièces, le tri, la consolidation de bacs, la constitution de kits, l’emballage et la manutention. Sereact présente Cortex comme un cerveau commun : une compétence acquise sur une cellule pourrait bénéficier aux autres robots utilisant le même modèle de production.
Teradyne apporte la base matérielle et son réseau d’intégrateurs. Sa filiale Universal Robots revendique plus de 100 000 déploiements industriels. Sereact fournit la couche de perception et de décision destinée aux tâches non structurées. L’entreprise allemande a ouvert cet été un siège américain à Boston afin de proposer la solution en Amérique du Nord.
NVIDIA pour la simulation et l’exécution locale
Une démonstration organisée au GTC Berlin utilise deux bras UR12e-1300. Cortex est entraîné dans NVIDIA Isaac Sim avec des modèles Cosmos, puis post-entraîné par apprentissage par renforcement dans Isaac Lab. Sur site, l’inférence s’exécute sur Jetson Thor, tandis que DGX Spark sert au développement, à la validation et aux mises à jour.
Cette chaîne illustre le déplacement de la concurrence vers l’exploitation continue des robots. Le matériel collaboratif est déjà disponible ; la difficulté est désormais de maintenir un modèle capable de gérer la diversité des objets et d’améliorer ses performances sans interrompre les opérations.
Les partenaires ne publient pas de mesure indépendante sur le débit, le taux d’erreur ou le retour sur investissement. Les déploiements chez Zalando et CEVA fourniront donc un test important : ils permettront de juger si la même pile logicielle peut conserver ses performances lorsqu’elle passe d’une démonstration à plusieurs centres logistiques.
Sources : Sereact ; GlobeNewswire.
