Chine et Asie

Shenzhen se transforme en ville IA : robots dans le métro, BYD à 99,8 % et 220 milliards de revenus

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Shenzhen n’est plus seulement la capitale mondiale de l’électronique. La ville de 18 millions d’habitants se transforme méthodiquement en laboratoire d’IA grandeur nature : robots humanoïdes dans le métro, véhicules autonomes dans les rues, usines à 99,8 % d’automatisation et même un tribunal assisté par intelligence artificielle.

Des robots dans les stations de métro

Depuis plusieurs mois, des robots humanoïdes secondent les agents de sécurité dans les stations de métro de Shenzhen pour les contrôles aux portiques. D’autres patrouillent aux côtés des forces de l’ordre dans les rues du district de Longgang. Ce n’est pas un test isolé : c’est une politique municipale assumée.

Dans le même district, des véhicules de livraison autonomes Neolix circulent sur une voie dédiée, acheminant des colis sans conducteur. Longgang abrite aussi la première administration dédiée exclusivement à l’IA et à la robotique en Chine, créée en mars 2025.

BYD, Honor : l’automatisation dans les chiffres

L’impact le plus concret se mesure sur les lignes de production. Chez BYD, les systèmes de vision par IA atteignent 99,8 % de précision dans la détection des défauts de batteries. Chez Honor, le campus intelligent de Pingshan est classé niveau 4 selon les standards industriels chinois, le seul dans le secteur des smartphones à ce niveau. Une unité sort de la ligne toutes les 28,5 secondes.

Le même système IA a compressé le cycle de conception des charnières de smartphones pliables de six mois à deux mois. En santé, 30 hôpitaux de premier rang de la ville utilisent des modèles d’IA pour le diagnostic, avec plus de 100 000 cas complexes traités en dépistage précoce de tumeurs.

Un ecosysteme financé à grande echelle

Shenzhen a mis en place en 2025 un fonds d’investissement de 10 milliards de yuans dédié à l’IA et à la robotique. Cette année, la ville a lancé un plan d’action « IA+ » pour l’industrie manufacturière avancée. Pour stimuler l’adoption, des « bons de formation » (500 millions de yuans), des « bons de données » (50 millions) et des « bons de modèles » (100 millions) sont disponibles pour les entreprises qui veulent intégrer l’IA.

Résultat : le chiffre d’affaires de l’industrie IA core de Shenzhen a atteint environ 220 milliards de yuans en 2025. La ville vise une croissance de plus de 10 % en 2026 et ambitionne 1 000 milliards de yuans de production de terminaux intelligents cette année, soit plus de 150 millions d’unités.

Pourquoi cela compte au-dela de la Chine

Shenzhen concentre une part massive de la chaîne de valeur mondiale de l’électronique et de la robotique. Ce qui s’y construit aujourd’hui, des actionneurs aux puces en passant par les plateformes d’IA embarquée, finira dans les robots et appareils vendus partout dans le monde.

La ville est aussi un signal politique. Avec son premier bureau de l’IA, son tribunal IA et ses robots dans les espaces publics, Shenzhen teste ce que d’autres villes chinoises adopteront dans deux ou trois ans. L’Europe et les États-Unis regardent ce modèle avec une mélange d’admiration et d’inquiétude.