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SpaceX loue ses centres de données Colossus à Reflection AI pour un contrat à 6,3 milliards de dollars

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

SpaceX vient de transformer ses centres de données Colossus en activité commerciale de calcul pour l’IA. L’entreprise d’Elon Musk a signé un accord qui pourrait rapporter jusqu’à 6,3 milliards de dollars avec Reflection, une jeune pousse de l’intelligence artificielle open source fondée par d’anciens chercheurs de Google DeepMind.

Accord de calcul IA à 6,3 milliards de dollars entre SpaceX et Reflection AI
Illustration RoboActu

150 millions de dollars par mois

Le contrat donne à Reflection un accès immédiat aux systèmes NVIDIA GB300, les puces haut de gamme utilisées pour entraîner et faire tourner les grands modèles d’IA, hébergées dans le centre de données Colossus 2 de SpaceX. La startup versera 150 millions de dollars par mois à partir du 1er juillet et jusqu’à la fin 2029.

Sur la durée totale, la facture atteindrait environ 6,3 milliards de dollars si l’accord va à son terme. Une précision compte toutefois : chacune des deux parties peut résilier le contrat avec un préavis de quatre-vingt-dix jours après les trois premiers mois. La valeur finale pourrait donc être nettement inférieure.

SpaceX devient loueur de puissance de calcul

L’opération marque un tournant pour SpaceX. Le constructeur de fusées élargit son infrastructure Colossus, à l’origine pensée pour les besoins internes de l’écosystème Musk, et la commercialise désormais auprès de tiers. SpaceX avait déjà signé d’autres accords de calcul, mais ce contrat avec Reflection installe l’entreprise comme un fournisseur de capacité de calcul à part entière, sur un marché où la demande dépasse largement l’offre disponible.

Pour Reflection, l’enjeu est d’accéder à une puissance massive sans avoir à construire ses propres centres de données, un chantier qui prendrait des années et coûterait des sommes colossales. Valorisée environ 25 milliards de dollars lors de son dernier tour de table, la société se positionne comme une alternative open source aux systèmes fermés d’OpenAI, d’Anthropic et de Google.

Le calcul, nerf de la guerre de l’IA

Cet accord illustre une bascule plus large du secteur. L’accès aux puces et à l’énergie est devenu le principal facteur limitant pour les laboratoires d’IA, davantage encore que le talent ou les jeux de données. Les modèles de pointe exigent des dizaines de milliers de processeurs graphiques tournant en permanence, et les acteurs qui contrôlent cette infrastructure prennent une position stratégique.

En louant sa capacité, SpaceX entre dans la même logique que les géants du cloud, mais avec un atout : la maîtrise de l’énergie et de la construction à grande échelle. Pour Reflection, miser sur un fournisseur extérieur permet de concentrer ses moyens sur le développement de ses modèles plutôt que sur le béton et les câbles.

Pourquoi c’est important

La somme en jeu, jusqu’à 6,3 milliards de dollars, donne la mesure de ce que coûte aujourd’hui l’entraînement de modèles de pointe. Elle montre aussi que la frontière entre infrastructure spatiale et infrastructure numérique se brouille : un fabricant de fusées devient un acteur du calcul intensif. Pour la suite, l’attention se portera sur la solidité réelle de l’engagement, vu la clause de sortie rapide, et sur la capacité de Reflection à transformer cette puissance louée en modèles compétitifs face aux géants fermés du secteur.