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Tesollo lance la DG-5F-S, une main robotique à 20 articulations pour démocratiser les humanoïdes

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

La startup sud-coréenne Tesollo vient de lancer la DG-5F-S, une version compacte et allégée de sa main robotique à cinq doigts. L’objectif affiché : rendre la manipulation dextre accessibles à une plus large gamme d’acteurs, des startups jusqu’aux PME industrielles, en levant les contraintes de poids et d’intégration qui freinent aujourd’hui l’adoption des humanoïdes.

20 articulations, format réduit

La DG-5F-S reprend l’architecture cinq doigts de la DG-5F-M, le modèle commercial de référence de Tesollo. Elle embarque 20 degrés de liberté, suffisants pour des saisies précises et des manipulations complexes en environnement réel. Pour des contextes de recherche où un niveau de dextérité extrême n’est pas indispensable, une version à 15 degrés de liberté est également disponible.

La réduction de taille et de poids a constitué le principal défi de conception. Tesollo explique avoir travaillé à partir des retours terrain recueillis lors des déploiements mondiaux de la DG-5F-M, en se concentrant sur trois contraintes concrètes : le poids global du système robotique, les interfaces de montage sur différentes plateformes, et la compatibilité logicielle lors des phases de développement d’humanoïdes.

Un marché en accélération

Le cabinet Valuates Reports estime la taille du marché mondial des mains robotiques humanoïdes à cinq doigts à environ 441 millions de dollars en 2023. Ce chiffre devrait atteindre 876 millions de dollars d’ici 2030, avec un taux de croissance annuel composé de 10,3 %. Un segment encore modeste à l’échelle de la robotique, mais en phase d’accélération nette à mesure que les plateformes humanoïdes commerciales se multiplient.

Du laboratoire à l’industrie

Tesollo positionne la DG-5F-S comme un produit commercial à part entière, pas un prototype de démonstration. La société affirme que la main a été conçue à partir de besoins clients validés sur le terrain, ce qui la distingue, selon elle, des alternatives actuellement disponibles. L’entreprise espère que ce positionnement lui permettra de toucher des organisations que la complexité ou le coût des solutions existantes a jusqu’à présent repoussées : petites équipes robotique, instituts de recherche, constructeurs de bras industriels en phase de prototypage.

Derrière ce lancement, il y a aussi un enjeu industriel discret. Tesollo indique vouloir contribuer au renforcement de l’écosystème humanoïde coréen, alors que la Chine, les États-Unis et l’Europe se livrent une bataille intense autour des composants critiques. Une main à 20 articulations, conçue à Séoul, capable de s’intégrer dans n’importe quelle plateforme : un signal modeste, mais cohérent avec l’ambition de Seoul d’entrer dans la course aux robots physiques.