TetraGen Robotics a levé 1,8 million de dollars canadiens pour accélérer la commercialisation de cellules de soudage autonomes, un cas d’usage industriel où la robotique doit gagner du temps sans imposer une programmation lourde.
La jeune pousse de Winnipeg annonce un tour d’amorçage sursouscrit mené par StepChange Capital, avec la participation d’Emend Vision Fund. Selon BetaKit et le Winnipeg Free Press, l’entreprise veut utiliser ce financement pour développer ses équipes et étendre ses déploiements auprès de clients industriels en Amérique du Nord.
Vision 3D et soudage robotisé
Fondée en 2022 par Matt Khoshdarregi, ancien responsable d’un laboratoire de fabrication numérique intelligente à l’Université du Manitoba, TetraGen associe un bras de soudage industriel à du logiciel propriétaire, de la vision 3D et des modèles d’IA. L’objectif affiché est de réduire la programmation manuelle, souvent coûteuse lorsqu’une usine produit de petites séries ou des pièces qui varient légèrement.
Le Winnipeg Free Press décrit une cellule capable d’observer une pièce, de comparer sa géométrie à un modèle et d’ajuster ses mouvements si la pièce réelle ne correspond pas exactement au standard. Cette promesse vise des marchés comme l’équipement agricole, les véhicules lourds, l’équipement minier ou la défense, où les soudures sont répétitives mais rarement aussi uniformes que dans l’automobile de très grande série.
Des premiers clients au Canada
L’entreprise affirme avoir vendu sa première cellule il y a environ deux ans et demi. Le Winnipeg Free Press rapporte que des fabricants du Manitoba utilisent déjà ses systèmes, notamment dans l’équipement agricole, les véhicules lourds et le secteur minier. TetraGen ne communique pas le nombre exact de robots en production, mais son dirigeant vise des dizaines de cellules installées dans les deux prochaines années.
Cette trajectoire illustre un segment de robotique industrielle moins spectaculaire que les humanoïdes, mais souvent plus proche du retour sur investissement. Une cellule de soudage peut coûter plusieurs centaines de milliers de dollars, mais elle répond à une douleur précise : manque de soudeurs, variabilité des pièces, temps de programmation et besoin de qualité répétable.
Notre analyse
Le point fort de TetraGen n’est pas d’inventer le bras robotique, mais de réduire la friction autour de son usage. Beaucoup d’ateliers connaissent déjà la robotique, mais renoncent à l’automatisation quand chaque variante de pièce demande trop d’ingénierie. Si la vision 3D et l’adaptation logicielle tiennent leurs promesses, le marché adressable peut s’élargir au-delà des grandes lignes très standardisées.
La levée reste modeste à l’échelle internationale, mais elle est cohérente avec un produit matériel en phase de commercialisation. Les prochains jalons seront le nombre de cellules effectivement déployées, leur temps de mise en service, la qualité des soudures obtenues et la capacité de l’entreprise à industrialiser son support client sur plusieurs sites.
