Industrie

Travis Kalanick relance sa carrière avec Atoms : des robots industriels pour l’alimentation, les mines et le transport

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Le fondateur d’Uber, Travis Kalanick, revient en force dans la tech avec Atoms, une startup de robots industriels qu’il a officiellement lancée vendredi dernier. L’entreprise entend construire des robots spécialisés pour trois secteurs : l’alimentation, les mines et le transport. Pas de robots humanoïdes ici, mais une approche pragmatique et industrielle de la robotique physique.

Trois divisions, une philosophie : des robots qui ont un vrai travail

Atoms s’organise en trois branches. Atoms Food développe des infrastructures pour le secteur alimentaire, en s’appuyant sur CloudKitchens, la société de cuisines fantômes fondée par Kalanick, qui sera intégrée dans le groupe. Atoms Mining vise à augmenter la productivité dans les mines grâce à des véhicules et robots autonomes. Atoms Transport, lui, est décrit comme un « wheelbase pour robots » : une plateforme mobile universelle à partir de laquelle déployer des systèmes autonomes.

Dans un entretien live vendredi sur TBPN, Kalanick a été direct sur son positionnement : « Les humanoïdes ont leur place, mais il y a beaucoup de place pour des robots spécialisés qui font les choses de façon efficace, à l’échelle industrielle. C’est là qu’on joue. » Une prise de position claire dans un secteur dominé par les annonces de robots à forme humaine.

L’acquisition de Pronto : Anthony Levandowski de retour dans l’équation

Pour la branche mining et transport, Kalanick a révélé qu’il est sur le point d’acquérir Pronto, une startup de véhicules autonomes fondée par son ancien collègue d’Uber, Anthony Levandowski. Il est déjà le « plus grand investisseur » de l’entreprise. Pronto s’est spécialisée dans l’autonomie pour les sites industriels et miniers, ce qui la rend complémentaire à la stratégie d’Atoms.

Le nom de Levandowski rappelle l’une des pages les plus agitées de l’histoire de la tech : ingénieur central du projet de voiture autonome de Google, il avait rejoint Uber en 2016, entraînant des années de procédures judiciaires et finalement une condamnation pénale. Trump lui avait accordé une grâce en 2021. Kalanick intègre aujourd’hui ses technologies dans Atoms, une sorte de boucle qui se referme.

Des « atoms-based computers » contre les LLMs dans les serveurs

Sur le site web d’Atoms, Kalanick décrit sa vision avec la formule « gainfully employed robots » : des robots qui ont de vrais postes, avec de vraies missions, qui apportent de la valeur concrète à leurs propriétaires et à la société. Il appelle cela des « atoms-based computers », en opposition aux systèmes purement logiciels.

L’idée centrale est que l’IA doit quitter les serveurs pour agir dans le monde physique de façon ciblée et efficace. Une thèse cohérente avec le mouvement plus large du Physical AI, mais avec une orientation résolument industrielle plutôt que grand public.

Kalanick avait quitté Uber en 2017, poussé dehors par les investisseurs après une série de scandales. Depuis, il a fondé CloudKitchens et exploré plusieurs pistes dans la conduite autonome. Atoms est son retour officiel dans la construction de projets tech ambitieux. Reste à voir si ce nouveau pari sur les robots industriels tiendra ses promesses là où les humanoïdes peinent encore à trouver leur marché.