Le Trésor américain a rendu publique sa première amende civile au titre du programme de contrôle des investissements sortants. Amidi devra payer 200 000 dollars pour ne pas avoir déclaré un investissement de 92 478 dollars dans la société chinoise de robotique et d’intelligence incarnée Noematrix.
L’opération a été réalisée le 19 avril 2025 par un fonds chinois contrôlé par Amidi, maison mère de l’organisation connue sous le nom de Plug and Play Tech Center. Selon le Trésor, l’entreprise bénéficiaire est Shanghai Qiongche Intelligent Technology, qui utilise la marque Noematrix et développe des technologies d’intelligence artificielle, de robotique et d’IA incarnée.
Une première sanction pour le programme américain
L’Outbound Investment Security Program est entré en vigueur le 2 janvier 2025. Il impose aux personnes américaines de notifier certains investissements et en interdit d’autres lorsqu’ils concernent des entités liées à la Chine, Hong Kong ou Macao dans trois secteurs : informatique quantique, semi-conducteurs et intelligence artificielle.
Les obligations s’étendent aux entités étrangères contrôlées par une personne américaine. Celle-ci doit déclarer une transaction qui aurait été soumise à notification si elle l’avait réalisée directement. Elle doit aussi prendre des mesures raisonnables pour empêcher une opération interdite. Le Trésor indique avoir détecté l’investissement dans le cadre de ses activités régulières de surveillance du marché et de la conformité.
L’amende représente plus du double du montant investi. Elle avait été prononcée en juillet 2026, mais son existence et l’identité des parties ont été annoncées le 7 octobre. L’administration américaine entend ainsi donner un exemple concret aux fonds, accélérateurs et groupes qui investissent par l’intermédiaire de véhicules à l’étranger.
Noematrix au cœur de l’IA incarnée
Noematrix se présente comme un développeur d’intelligence robotique généraliste. Sa plateforme Noematrix Brain associe modèles centrés sur les forces, perception multimodale, planification, mémoire et bibliothèque de compétences. Elle est conçue pour piloter plusieurs types de robots avec une chaîne couvrant collecte de données, entraînement et déploiement.
Le dossier ne reproche pas à Noematrix une infraction. La sanction vise l’investisseur américain et l’absence de notification. Le cas illustre néanmoins la place prise par la robotique dans les restrictions technologiques : les systèmes physiques sont concernés lorsqu’ils reposent sur des capacités d’IA entrant dans le périmètre réglementaire.
Notre analyse
Le signal envoyé par Washington est important malgré la petite taille de la transaction. Le risque réglementaire ne dépend plus seulement du montant investi, mais de la technologie ciblée et de la structure de contrôle utilisée. Les investisseurs devront donc cartographier les activités réelles des jeunes pousses robotiques, y compris leurs modèles, logiciels et liens géographiques.
