Trossen Robotics lance Rivet et Workbench, deux plateformes de robotique physique conçues pour conserver la même chaîne de données entre démonstration humaine, entraînement et essais sur un robot réel. Les deux systèmes reçoivent en standard un module NVIDIA Jetson AGX Orin de 64 Go.
Rivet installe les bras WidowX sur une base mobile, tandis que Workbench les maintient sur un poste fixe. Trossen propose chaque plateforme en configurations Core, Pro et Pro Heavy. L’objectif est de permettre à une équipe de changer d’environnement de test sans reconstruire le logiciel de collecte ou convertir manuellement chaque jeu de données.
Trossen Robotics announces new Rivet and Workbench physical AI platforms, now standard with the NVIDIA Jetson AGX Orin 64GB.
— Trossen Robotics (@trossenrobotics) August 24, 2026
Une architecture commune du banc au robot mobile
La gamme s’organise autour de quatre étapes. Glide sert à enregistrer une démonstration de l’opérateur. Le logiciel associe ensuite états articulaires, flux des caméras et événements de la tâche dans des épisodes synchronisés. Ces données peuvent être inspectées, converties vers l’outil d’entraînement retenu, puis évaluées sur le même matériel.
Le passage de Workbench à Rivet conserve les bras, le logiciel et le chemin des données. Cette continuité vise un coût d’intégration souvent sous-estimé : une politique apprise sur un banc fixe peut nécessiter de nouveaux repères, de nouvelles caméras et une autre couche de communication lorsqu’elle rejoint une base mobile.
ROS 2, MCAP et LeRobot dans la chaîne logicielle
Le Trossen SDK est annoncé en open source et indépendant du modèle utilisé. Il enregistre les épisodes au format MCAP, permet leur examen dans Foxglove et prévoit une conversion vers LeRobot. La documentation mentionne aussi ROS 2, des exemples d’entraînement et des jeux de données publics.
Le Jetson AGX Orin 64 Go doit fournir une cible de calcul identique sur Rivet et Workbench. Cette standardisation ne garantit pas qu’un modèle se transfère sans adaptation, mais elle retire une variable matérielle importante lors des comparaisons entre collecte, entraînement local et exécution embarquée.
Des systèmes de recherche, pas des cobots certifiés
Trossen précise que les nouvelles machines sont destinées à la recherche et aux déploiements supervisés. Elles ne sont pas présentées comme des cobots certifiés pour travailler librement au contact du personnel. Cette limite est essentielle pour les entreprises qui voudraient passer d’un prototype à une ligne de production.
Les prix affichés sur la page de gamme sont par ailleurs décrits comme proposés et encore soumis à validation finale. Les critères décisifs seront donc la stabilité du SDK, la reproductibilité des conversions de données et la qualité du support lorsque plusieurs systèmes fonctionnent sur différents sites.
Rivet et Workbench répondent néanmoins à un verrou réel de l’IA incarnée : relier une démonstration, un jeu de données et une machine sans multiplier les intégrations spécifiques. Le succès de l’approche se mesurera moins au nombre de composants compatibles qu’au temps nécessaire pour reproduire une tâche sur le banc, puis sur la base mobile.
Sources : présentation officielle de la gamme 2026, communiqué de Trossen Robotics et annonce de la soirée Trossen et ROS par Open Robotics, 24 août 2026.
