Mardi 10 mars, depuis son siège d’Odense, au Danemark, Teradyne Robotics a annoncé une action en justice contre Elite Robots Deutschland, la filiale allemande du groupe chinois Elite Robots. L’accusation est directe : violation du droit d’auteur sur le logiciel propriétaire de Universal Robots, le leader mondial du cobot.
Jean-Pierre Hathout, président de Teradyne Robotics, a déclaré disposer de « preuves irréfutables » de la copie. Une lettre de mise en demeure avait déjà été envoyée avant d’escalader vers les tribunaux allemands. En parallèle, l’entreprise a alerté les autorités européennes de sécurité sur les risques liés à certains cobots chinois.

Le marché des cobots sous pression
Les cobots, ou robots collaboratifs, sont conçus pour travailler aux côtés des humains sur les chaînes de montage et dans les entrepôts. Universal Robots en est le fondateur et le leader mondial, avec plusieurs dizaines de milliers d’unités déployées sur la planète. Teradyne en est la maison mère depuis 2015, et possède aussi Mobile Industrial Robots (MiR), spécialiste des robots mobiles autonomes.
Face à eux, des fabricants comme Elite Robots proposent des produits à tarifs nettement inférieurs. Teradyne accuse ces concurrents de court-circuiter des années de R&D en copiant directement le code. « Des concurrents sont prêts à copier du matériel et des logiciels propriétaires pour casser les prix », a affirmé Hathout dans le communiqué officiel.
La sécurité, argument central
Au-delà du droit d’auteur, Teradyne a choisi d’élever le débat sur le terrain de la sécurité. Dans une industrie où un bug logiciel peut blesser un opérateur humain, la traçabilité du code n’est pas optionnelle. C’est précisément cet argument qui a conduit l’entreprise à alerter les régulateurs européens.
Elite Robots n’avait publié aucun communiqué officiel en réponse au moment de la publication de cette information.
Bourse et stratégie industrielle
L’annonce a eu un effet immédiat sur les marchés : l’action Teradyne a progressé de 4,1 % mardi après-midi. L’entreprise, dont les activités de test semiconducteurs représentent 883 millions de dollars de revenus trimestriels contre seulement 89 millions pour la robotique, mise sur la croissance de ses divisions robotiques pour 2026. Son PDG Greg Smith avait annoncé en février s’attendre à « une croissance annuelle dans toutes nos activités ».
Cette plainte s’inscrit dans un contexte plus large : la Chine a produit plus de 300 modèles de robots humanoïdes et industriels en 2025, et ses fabricants de cobots s’installent activement sur les marchés européens. Pour Teradyne, c’est une ligne dans le sable : l’innovation a un coût, et le copier-coller aussi.
Les prochaines semaines indiqueront si les tribunaux allemands acceptent la plainte et si cette affaire ouvre un front juridique plus large dans la robotique industrielle.