L’US Navy et la General Services Administration ont porté de 71 à 300 millions de dollars le plafond du contrat attribué à Gecko Robotics. L’extension, annoncée le 20 octobre, doit accélérer le déploiement de robots d’inspection sur les flottes de surface américaines.
Le contrat initial, signé six mois plus tôt, concernait 18 navires de la flotte du Pacifique. Selon DefenseScoop, le nouveau plafond permettra notamment d’étendre la technologie à la flotte de l’Atlantique. Il s’agit d’un plafond de dépenses, et non d’une commande ferme de 300 millions de dollars.
Un robot pour inspecter l’acier sous les ponts
Le système mis en avant est Komodo, un robot mobile qui mesure l’épaisseur de l’acier sous les revêtements antidérapants des ponts. Cette couche devait auparavant être retirée avant certaines inspections. Komodo utilise des transducteurs acoustiques électromagnétiques pour repérer la corrosion et les dégradations structurelles sans démonter le navire.
Les mesures sont ensuite réunies dans Cantilever, la plateforme logicielle de Gecko Robotics. Elle produit des cartes de l’état du pont et aide les équipes de maintenance à préparer les réparations avant l’entrée en cale sèche. La société déploie aussi des robots grimpants, des drones et des capteurs fixes pour contrôler coques, soudures et composants.
Gecko Robotics annonce que le plafond de son contrat avec l’US Navy atteint 300 millions de dollars.
— Gecko Robotics (@geckorobotics) 20 octobre 2026
Des économies annoncées jusqu’à 8 millions par navire
Gecko affirme que ses inspections peuvent identifier des défauts jusqu’à 50 fois plus vite que les méthodes traditionnelles, en ramenant certains contrôles de plusieurs mois à quelques jours. L’entreprise avance aussi une économie potentielle de 8 millions de dollars en réparations par navire. Ces chiffres proviennent du fournisseur et devront être appréciés selon les bâtiments et les opérations réellement exécutées.
Le passage de 71 à 300 millions de dollars intervient alors que la Navy vise un taux de disponibilité de 80 % pour sa flotte. Chaque chantier retardé immobilise un bâtiment plus longtemps. La valeur opérationnelle du robot tient donc moins à l’automatisation seule qu’à la capacité de définir plus tôt les zones qui doivent être réparées.
La robotique d’inspection change d’échelle
Ce contrat montre comment la robotique spécialisée peut gagner du terrain dans des infrastructures difficiles d’accès. Komodo ne remplace pas les réparateurs. Il fournit une mesure plus dense et plus précoce, afin de limiter les démontages inutiles et les mauvaises surprises pendant la maintenance.
L’extension reste cependant un véhicule contractuel. Son impact se mesurera au nombre de navires inspectés, aux commandes effectivement engagées et aux délais évités. La Navy et Gecko disposent désormais d’une enveloppe suffisante pour passer d’un périmètre limité à un déploiement beaucoup plus large.
Sources : Gecko Robotics, The Robot Report et DefenseScoop.
