Chine et Asie

Xiaomi déploie ses robots humanoïdes dans son usine EV : 3 heures en autonome, 90 % de réussite

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Xiaomi vient de franchir un cap majeur dans la course aux robots humanoïdes industriels. Ce lundi 2 mars, Lei Jun, fondateur et PDG de Xiaomi, a annoncé sur WeChat que les robots humanoïdes du groupe avaient débuté leurs opérations en conditions réelles dans l’usine automobile de la marque.

Concrètement, le robot a tenu son poste pendant trois heures consécutives en mode entièrement autonome, sur un atelier de vissage de capuchons auto-taraudeurs dans le hall de moulage sous pression de l’usine Xiaomi EV.

Le robot Xiaomi à l’oeuvre sur la ligne d’assemblage / Source YouTube

90,2 % de taux de réussite sur une tâche de précision

Le défi technique n’est pas mince. Le robot doit saisir de petits capuchons auto-taraudeurs depuis un distributeur automatique, les aligner avec précision sur des gabarits de positionnement, puis coordonner leur vissage simultané des deux côtés de la pièce en moins de 76 secondes par cycle. Ce délai correspond au rythme cadencé de la ligne de production.

Résultat : 90,2 % de taux de réussite pour l’installation bilatérale simultanée. Un sur dix échoue encore, admet Xiaomi, mais la progression est continue. La principale difficulté réside dans l’alignement des cannelures internes des capuchons et dans les interférences magnétiques qui perturbent la préhension.

Un modèle VLA maison de 4,7 milliards de paramètres

Pour relever ce défi, Xiaomi n’a pas utilisé un système de contrôle classique. La société s’appuie sur Xiaomi-Robotics-0, son propre modèle VLA (Vision-Language-Action) de 4,7 milliards de paramètres, combiné à l’apprentissage par renforcement.

Cette architecture hybride fusionne trois types d’informations en temps réel : la vision, le retour tactile et la proprioception articulaire. Elle réduit les erreurs d’interprétation dans les scénarios complexes et permet au robot de s’adapter sans intervention humaine. Le contrôleur d’optimisation résout chaque itération en moins d’une milliseconde.

Le module d’apprentissage par renforcement, lui, a été entraîné via des centaines de millions de simulations de perturbations aléatoires. Ce qui lui permet d’assurer l’équilibre du robot même dans des conditions extrêmes, et de transférer ces compétences directement sur le robot physique sans recalibration supplémentaire.

La prochaine étape : plusieurs postes de travail en parallèle

Le vissage de capuchons n’est qu’un début. Xiaomi travaille actuellement sur plusieurs autres postes : le chargement de bacs de matière, l’installation d’insignes avant, ou encore la manutention générale dans l’atelier. L’objectif affiché est de franchir le goulot d’étranglement du « taux de réussite par cycle » pour permettre un déploiement industriel à grande échelle.

Lei Jun va plus loin. Dans son post WeChat du 2 mars, il prédit que « de grandes quantités de robots humanoïdes travailleront dans les usines Xiaomi dans les cinq prochaines années ».

Cette annonce place Xiaomi dans le peloton de tête des constructeurs automobiles qui misent sur l’humanoïde : Tesla prévoit un Optimus de troisième génération au premier trimestre 2026, et Xpeng devrait commencer la construction de sa première usine de production de robots humanoïdes au cours de ces prochains mois, avec une mise en série prévue fin 2026.

Le fabricant de smartphones et de voitures électriques envoie un signal clair : la prochaine guerre industrielle se joue sur les bras robotiques.