Le patron de Xpeng prend les commandes de sa division robotique. He Xiaopeng, fondateur et PDG du constructeur électrique chinois, a annoncé dans une lettre interne qu’il dirigerait personnellement l’activité humanoïdes, avec effet immédiat. Une décision qui sonne comme un signal : la production de masse approche.
Un PDG qui descend dans l’arène
He Xiaopeng a placé des guillemets autour du titre de « CEO » de la branche robotique, car celle-ci n’est pas encore une entité séparée. Le geste reste fort. Il décrit cette étape comme déterminante pour la mutation de Xpeng, qui veut passer du statut de constructeur automobile intelligent à celui d’« entreprise d’IA physique ».
Le dirigeant compare le moment actuel à la période qui a précédé le lancement du premier véhicule de la marque, le SUV G3. Autrement dit, un point de bascule. La robotique réunit désormais plusieurs briques du groupe : matériel, grands modèles d’IA, chaîne d’approvisionnement, fabrication de précision et marketing.
Un calendrier serré jusqu’en 2028
Selon le plan dévoilé, la production en série et les premières livraisons des humanoïdes sont fixées au quatrième trimestre 2026. Au premier trimestre 2027, Xpeng veut déployer ses robots comme guides dans ses boutiques physiques en Chine. Le deuxième trimestre 2027 viserait les marchés étrangers, avant une entrée dans les foyers ordinaires espérée pour 2028.
Pour soutenir ces ambitions, l’entreprise a lancé au premier trimestre la construction d’une base de production de 110 000 mètres carrés dédiée aux humanoïdes. Un prototype de la version ET1, conçu selon des normes automobiles, a déjà été livré en janvier 2026.
Iron, le robot qui hérite de l’auto
Présenté lors du Tech Day de novembre 2025, le robot Iron de nouvelle génération embarque une batterie tout solide et trois puces Turing développées en interne, pour une puissance de calcul totale de 2 250 TOPS. Il intègre aussi la deuxième génération du modèle VLA (Vision-Language-Action) maison, qui relie perception, langage et action.
L’idée de Xpeng tient en une phrase : réutiliser l’expertise accumulée sur les voitures, des actionneurs aux logiciels embarqués, pour accélérer sur les robots. Concrètement, le constructeur mise sur l’intégration verticale plutôt que sur l’achat de composants.
Une course chinoise qui s’intensifie
Ce repositionnement place Xpeng en concurrence directe avec les autres constructeurs automobiles passés à l’humanoïde, comme BYD, et avec les spécialistes purs tels qu’Unitree ou UBTECH. La Chine multiplie les annonces de production de masse, mais la vraie bataille se jouera sur la demande réelle et la fiabilité en conditions d’usage.
Le départ récent de Shi Xiaoxin, membre fondateur et responsable produit de la branche robotique, montre que cette montée en puissance ne se fait pas sans tensions internes. La prise de contrôle directe par le PDG vise sans doute à reprendre la main sur un projet jugé stratégique.