Chine et Asie

XPENG vise 10 000 robots IRON livrés en 2027 et fait du Salon de Pékin son tremplin vers la production massive

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

XPENG profite d’Auto China 2026 à Pékin pour officialiser ses ambitions humanoïdes. Le constructeur chinois exhibe son robot IRON aux côtés de ses voitures électriques et fixe un objectif clair : 10 000 unités livrées en 2027, avec une production massive lancée fin 2026 dans une nouvelle usine de 110 000 m² à Guangzhou.

Le Salon international de l’automobile de Pékin a ouvert ses portes le 24 avril dans un nouveau format : 1 451 véhicules exposés, 181 premières mondiales, 71 concept-cars, sur l’équivalent de 50 terrains de football. XPENG y déploie une stratégie qu’il appelle « Physical AI » : voitures électriques intelligentes, voiture volante Land Aircraft Carrier, et humanoïde IRON sur le même stand.

Robot humanoïde XPENG IRON sur le stand du constructeur lors du salon Auto China 2026 à Pékin
Illustration RoboActu

« 10 000 robots en 2027 », l’objectif assumé du PDG

L’information est tombée pendant les conférences de presse de Pékin et a été reprise par plusieurs médias spécialisés. He Xiaopeng, fondateur et PDG de XPENG, vise 10 000 robots IRON livrés en 2027. Pour mémoire, le secteur entier ne représentait que quelques milliers d’unités livrées dans le monde en 2025, dominé par Figure, Apptronik, Unitree et AGIBOT. À l’échelle de l’industrie, 10 000 unités d’un seul constructeur en une année changeraient la donne.

« Après 12 ans, nous entrons dans une nouvelle phase. Des EV intelligents aux voitures volantes, des puces IA Turing aux modèles larges, des humanoïdes au Robotaxi, nous transformons notre vision en réalité grâce à la Physical AI », a déclaré He Xiaopeng à Pékin. La rhétorique est large, mais l’agenda industriel est concret.

Une usine de 110 000 m² à Guangzhou

Pour soutenir ce passage à l’échelle, XPENG construit une usine de 110 000 m² à Guangzhou, dédiée à la production de robots humanoïdes. L’objectif est d’industrialiser la fabrication d’IRON, qui devra basculer vers une production massive dès la fin 2026. La société déploie déjà ses premiers prototypes dans ses propres usines, en condition réelle plutôt qu’en laboratoire, pour itérer.

Le robot IRON, dévoilé pour la première fois en novembre 2024 lors du XPENG AI Day, a été présenté à Pékin dans une version « next-generation ». Il s’agit d’un humanoïde de morphologie féminine, capable de marcher, manipuler et interagir avec son environnement. Les détails techniques précis (poids, autonomie, charge utile) restent peu communiqués par le constructeur. La photo de presse fournie par Reuters le montre en posture statique sur le stand, observé par des visiteurs.

VLA 2.0, la brique IA partagée avec les voitures

Le pari de XPENG repose sur un point que les concurrents ont du mal à reproduire. La société dispose déjà d’une flotte de centaines de milliers de voitures intelligentes en circulation, qui collectent des données et entraînent ses modèles vision-langage-action. Le système VLA 2.0, déployé sur les véhicules en mars 2026, peut en théorie alimenter aussi les robots. Près de 100 000 consommateurs ont testé VLA 2.0 en magasin, avec un taux de satisfaction de 98 %.

Concrètement, cela signifie qu’IRON ne part pas de zéro côté perception et planification. Les briques utilisées pour la conduite autonome de niveau 4 (que XPENG teste sur route ouverte à Guangzhou) servent aussi à la robotique humanoïde. Le constructeur a publié à Pékin son premier rapport technique sur le X-World, le modèle de monde qui sous-tend VLA 2.0.

Le contexte industriel chinois

XPENG n’est pas seul sur le créneau. La Chine a fait de l’humanoïde une priorité industrielle, et les constructeurs automobiles s’y engouffrent : BYD, Geely, Chery et désormais XPENG investissent en parallèle des EV. Selon TrendForce, Unitree et AGIBOT devraient représenter 80 % de la production chinoise d’humanoïdes en 2026, avec un bond attendu de 94 % du volume produit.

10 000 robots livrés en 2027, c’est un objectif que peu de constructeurs occidentaux peuvent fixer publiquement aujourd’hui. Tesla a repoussé Optimus Gen 3 à mi-2026 en admettant qu’aucun robot n’était encore pleinement autonome dans ses usines. Figure et Apptronik travaillent en pilote chez BMW et Mercedes-Benz, mais sans annoncer de cibles volumétriques aussi nettes. Si XPENG tient son calendrier, le centre de gravité de la robotique humanoïde grand public basculera durablement vers le Pearl River Delta.

Sources : CleanTechnica, The Driven, DMARGE, DirectIndustry.

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