Unitree pousse encore le curseur du prix. Le constructeur de Hangzhou a dévoilé le 30 avril deux nouveaux humanoïdes R1-A5 et R1-A7, des robots à deux bras sans jambes vendus à partir de 26 900 yuans (environ 4 290 dollars). Une déclinaison du R1 lancé l’an dernier, qui vise cette fois les laboratoires, les ateliers et les chaînes logistiques plutôt que les démos virales sur les réseaux.

Quatre versions, deux bases, jusqu’à 31 degrés de liberté
La gamme se décline en quatre références. Les R1-A5 et R1-A7 partagent la même architecture mais diffèrent par la longueur des bras et le nombre de degrés de liberté. Le R1-A5 affiche cinq DOF par bras pour 15 au total, le R1-A7 monte à sept par bras et 19 au total. Les variantes R1-A5-D et R1-A7-D ajoutent une base mobile à roues équipée d’un LiDAR de châssis, ce qui fait grimper le poids à environ 30 ou 32 kg.
Chaque bras peut soulever jusqu’à 2 kilos. Les têtes embarquent une caméra binoculaire, un microphone à quatre capsules et une puce de calcul de 10 TOPS, avec un module Nvidia Jetson Orin proposé en option pour pousser jusqu’à 100 TOPS. Les fabricants peuvent choisir des pinces à deux doigts ou des mains dextres à trois ou cinq doigts. La taille du poignet vise une répétabilité annoncée à plus ou moins 0,1 mm.
Le pari du robot d’entrée de gamme
Unitree applique aux humanoïdes la recette qui a fait son succès sur les quadrupèdes Go : un prix qui casse la grille du marché et un SDK ouvert, censés attirer chercheurs et intégrateurs. Les 4 290 dollars affichés concernent le R1-A5 nu. Avec une main dextre, un module Jetson et une base roulante, l’addition grimpe rapidement, mais la facture reste sans commune mesure avec un Figure ou un Apptronik.
Le ciblage a aussi changé. Le R1 originel était présenté comme un compagnon ludique capable de danser ou de faire du kung-fu. Les R1-A5 et R1-A7, sans jambes, sont plus directement orientés tâches utiles : assemblage léger, manutention en entrepôt, postes guidés en R&D. Les interfaces bas niveau sont exposées pour le développement secondaire, ce qui ouvre la porte aux intégrateurs qui voudraient bâtir des cellules de travail autour de ces bras.
Marché chinois bouillonnant, concurrence mondiale
Le timing n’est pas neutre. Mi-avril, la Chine annonçait avoir produit en 2025 près de 12 800 humanoïdes, soit environ 90 % du total mondial. Unitree a aussi ouvert sa première boutique physique à Pékin, où ses robots se vendent à partir de 10 000 yuans. La concurrence locale s’organise autour d’AgiBot, UBTech, Robotera et Xpeng, tous à la recherche d’un cas d’usage industriel solvable.
Reste la question du logiciel et de la fiabilité. Boston Dynamics, Apptronik ou Figure misent sur l’intégration verticale et le service. Les analystes cités par CNX Software et Interesting Engineering rappellent qu’un prix bas n’est pas suffisant dans les déploiements industriels, où la disponibilité, le support et la traçabilité comptent davantage que le ticket d’entrée. À l’inverse, les laboratoires et startups manipulation seront sensibles à un robot qui leur permet de tester du code en environnement réel sans signer un chèque à six chiffres.
Les R1-A5 et R1-A7 ne sont pas encore listés sur le site officiel d’Unitree. Le constructeur a publié quelques démonstrations courtes sur Bilibili, mais aucune vidéo complète ne montre encore le robot en conditions réelles. Le marché jugera dans les prochains mois, quand les premières unités atterriront dans les laboratoires.
