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Japan Airlines lance le premier essai d’humanoïdes pour charger les bagages à Tokyo Haneda, avec des Unitree et UBTECH chinois

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Japan Airlines (JAL) ouvre un chantier d’automatisation inédit. Sa filiale au sol JAL Ground Service (JGS) et GMO AI & Robotics Corporation lancent en mai 2026 le tout premier essai japonais de robots humanoïdes pour les opérations de piste à l’aéroport Tokyo Haneda. Le test doit durer deux ans, à commencer par l’identification des zones où ces machines peuvent travailler en sécurité.

Deux humanoïdes chinois en lice

Selon Asia Business Daily, deux modèles sont sur les rangs : le Unitree G1, le best-seller du fabricant de Hangzhou facturé à partir de 13 500 dollars, et le Walker E de UBTECH Robotics. Une démonstration tournée dans un hangar a montré l’un de ces humanoïdes, haut de 130 centimètres, faire glisser un conteneur de fret sur un tapis convoyeur, saluer la caméra puis serrer la main d’un opérateur humain. Le robot peut fonctionner en continu pendant deux à trois heures.

JAL est restée prudente quand CNBC l’a interrogée sur le rôle exact d’Unitree dans le programme. La compagnie évoque pour l’instant des « études de faisabilité et des évaluations des risques » en cours.

Une réponse à un problème démographique critique

Le contexte explique l’urgence. La population active japonaise doit reculer de 31 % entre 2023 et 2060 selon l’OCDE, et l’aéroport Haneda gère plus de 60 millions de passagers par an. En décembre 2023, l’aéroport de Narita avait déjà été incapable de répondre à plus de 30 % des demandes de vol chaque semaine, faute de personnel au sol.

Les opérations en piste reposent encore largement sur du travail manuel : remorquage, chargement et déchargement des bagages et du fret, manœuvre des engins GSE. Tomohiro Uchida, président de GMO AI & Robotics et partenaire du projet, résume : « Les aéroports paraissent très automatisés, mais leurs opérations internes restent fortement dépendantes du travail humain et font face à une pénurie de main-d’œuvre sévère. »

Des humanoïdes plutôt que des automates spécialisés

Le choix d’un format humain n’est pas anodin. JGS souligne que les automates fixes et les robots monofonctions ont du mal à s’adapter à la complexité du tarmac. La forme humanoïde permet de déployer ces machines sans modifier les infrastructures existantes ni les avions. À terme, les robots doivent toucher au chargement des bagages, au nettoyage des cabines et même à la conduite d’engins au sol.

JGS apportera son expertise opérationnelle accumulée depuis 1951, l’évaluation des standards de sécurité et la définition des cas d’usage. GMO AIR fournira les robots et développera leurs programmes de mouvement, en s’appuyant sur son « Humanoid Lab Shibuya Showcase » ouvert à Tokyo le 7 avril 2026.

Un test géopolitique en filigrane

Le projet fait également écho à la pression politique. La Première ministre Sanae Takaichi a bâti sa base électorale sur des règles d’immigration plus strictes. Marc Einstein, directeur de recherche chez Counter Research, estime que le gouvernement japonais va « très clairement encourager le déploiement d’humanoïdes ». Le ministère japonais de l’Économie a publié en mars 2026 ses propres lignes directrices sur l’usage de la robotique et de l’IA pour faire face au déclin de la main-d’œuvre.

Le pari reste ouvert. Comme le rappelle Einstein, « ces robots ne sont pas encore très intelligents ». La phase initiale du test se contentera d’observer comment ils peuvent compléter le travail humain plutôt que le remplacer, dans un environnement qui voit décoller un avion toutes les deux minutes.

Sources : JAL Group press release, CNBC, Ars Technica, The Guardian.

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