Anthropic vient de signer l’un des plus gros contrats cloud jamais conclus dans l’IA. Selon une information de The Information confirmée par Reuters, le créateur de Claude s’est engagé à dépenser 200 milliards de dollars chez Google Cloud sur cinq ans, en échange d’un accès massif aux TPU et à l’infrastructure de calcul d’Alphabet. La nouvelle a fait monter l’action Google de 2 % à l’ouverture du 5 mai.

Une commande à 40 milliards par an pour entraîner Claude
Le chiffre donne le vertige. 200 milliards sur cinq ans, c’est 40 milliards par an, soit deux fois plus que les estimations précédentes des coûts serveurs d’Anthropic pour 2026 (autour de 20 milliards selon les projections internes). L’argent doit financer l’entraînement et l’inférence des prochaines générations de Claude, dont le modèle Mythos sorti il y a quelques semaines, présenté par la startup comme « très en avance » sur la concurrence en cybersécurité.
Ce contrat s’ajoute à un autre engagement multimilliardaire pris cette année avec Amazon Web Services, et à un partenariat similaire récemment signé avec SpaceX pour utiliser Colossus. Selon The Information, les deals d’Anthropic et d’OpenAI représenteraient désormais un carnet de commandes de 2 000 milliards de dollars à eux seuls chez Amazon, Google, Microsoft et Oracle.
Alphabet investit aussi jusqu’à 40 milliards dans Anthropic
L’opération est circulaire. En parallèle de la commande, Alphabet investit jusqu’à 40 milliards de dollars supplémentaires dans Anthropic, qui reste pourtant un concurrent direct de Gemini. Google avait déjà mis 3 milliards en 2023 et 2 milliards début 2024. La maison mère de Search devient ainsi à la fois fournisseur, investisseur et compétiteur d’une même entreprise.
Concrètement, les équipes d’Anthropic vont pouvoir entraîner leurs modèles sur les TPU v6 et v7 de Google, présentés comme plus économes que les GPU Nvidia pour certaines charges. La firme avait déjà prévenu que la demande pour Claude Code explose : le développeur moyen passerait plus de 20 heures par semaine dans l’agent de codage, ce qui sature ses serveurs actuels.
Le modèle économique de l’IA générative en question
Ces contrats croisés inquiètent une partie des analystes. Les hyperscalers prêtent ou investissent dans des startups qui leur reversent ensuite l’argent en achats de calcul. Nvidia avait déjà pratiqué le même circuit avec OpenAI en s’engageant à hauteur de 100 milliards pour 10 gigawatts de data centers. Résultat : on voit s’empiler des engagements pluriannuels alors que les revenus réels des éditeurs d’IA restent largement inférieurs.
Le jeu pèse aussi sur les ressources physiques. Les data centers concernés vont monopoliser des dizaines de gigawatts d’électricité, accélérer la pression sur la mémoire DRAM et la capacité de fonderie. IDC vient de réviser à la baisse les prévisions du marché PC 2026 à cause de la pénurie de RAM induite par cette ruée sur le calcul.
Pour Anthropic, le pari est clair. La startup mise sur le fait que Claude restera un produit grand public et entreprise rentable à long terme, malgré son refus d’intégrer de la publicité (annoncé cette semaine par la firme). Les premiers tests indépendants placent Mythos en tête sur certains benchmarks de cybersécurité, ce qui justifie pour l’instant l’effort d’infrastructure. Reste à voir si les ventes suivront le rythme du capex.
Sources : Reuters, Engadget, WIRED, Investing.com.