La start-up britannique Humanoid prépare une introduction en bourse aux États-Unis d’ici 2029 ou 2030. Son PDG Artem Sokolov revendique 34 000 précommandes pour le robot HMND, soit environ 2,4 milliards de dollars de revenus récurrents annuels à venir, et déclare avoir financé seul l’entreprise à hauteur de 100 millions de dollars depuis sa création en 2024.

Artem Sokolov l’a annoncé à Reuters ce mercredi 13 mai 2026. Le fondateur de Humanoid dit privilégier une cotation outre-Atlantique plutôt qu’à Londres, malgré le siège britannique de l’entreprise. Il n’a pas précisé de valorisation cible ni les conditions qui déclencheraient l’opération.
Un carnet de commandes massif mais aucun investisseur extérieur
Humanoid revendique 34 000 précommandes de robots, avec des livraisons étalées sur les trois prochaines années. À environ 70 000 dollars de revenu récurrent annuel par unité, cela représente 2,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires futur en mode souscription. Le modèle économique, type Robotics-as-a-Service, vise les industriels qui louent la machine plutôt que de l’acheter.
Particularité de la boîte : aucun fonds n’est entré au capital. Sokolov dit avoir mis 100 millions de dollars de sa poche pour financer la R&D et la production. C’est un cas rare dans un secteur où Figure AI a levé 39 milliards, où 1X est soutenu par OpenAI et Tiger Global, et où Neura Robotics a annoncé en mars une levée d’un milliard d’euros auprès de Tether.
Le HMND, un humanoïde déjà chez Siemens
Humanoid produit le robot HMND 01, un humanoïde sur roues présenté début mars à la Hannover Messe 2026. La machine repose sur la plateforme Jetson Thor de Nvidia et a été entraînée dans l’environnement Isaac Lab. Siemens en a déjà déployé une unité à son usine d’électronique d’Erlangen pour des tâches de logistique interne, comme couvert sur RoboActu la semaine dernière.
La start-up britannique se positionne sur le créneau industriel léger : palettisation, kitting, déplacement de bacs, inspection. Pas de tentative de battre Boston Dynamics ou Tesla sur l’athlétisme. Le HMND privilégie une base à roues, plus stable et moins coûteuse à fabriquer qu’un humanoïde bipède.
Une IPO de plus dans la vague humanoïde
L’annonce de Sokolov s’inscrit dans une vague d’opérations financières spectaculaires sur le secteur. Unitree a déposé son dossier d’IPO sur le Star Market de Shanghai pour le deuxième semestre 2026. RoboStrategy s’est listée sur le Nasdaq la semaine dernière sous le ticker BOT avec un portefeuille de robotique embarquée. Hyperscale Data a annoncé l’installation de 143 humanoïdes AGIBOT dans son data center du Michigan.
Pour Humanoid, viser une cotation aux États-Unis plutôt qu’au Royaume-Uni est révélateur. La place londonienne souffre depuis deux ans d’une fuite des cotations tech vers New York, où les multiples de valorisation sur les boîtes d’intelligence physique sont nettement plus élevés. Wall Street paie cher la promesse d’un million d’humanoïdes par an, Londres se contente d’analyses prudentes.
Reste à transformer 34 000 précommandes en livraisons réelles. C’est le mur que tous les fabricants vont rencontrer dans les dix-huit prochains mois. McKinsey a alerté la semaine dernière sur la chaîne d’approvisionnement : actionneurs Harmonic Drive et Nabtesco saturés, terres rares chères, ingénieurs en réducteurs harmoniques introuvables. Si Humanoid n’arrive pas à livrer le rythme annoncé, l’IPO de 2030 risque de ressembler à une promesse plus qu’à une cotation.
Sources : Reuters (via MarketScreener), Nvidia blog, Canadian Metalworking