Humanoid, une start-up londonienne de deux ans, vient de signer le déploiement d’humanoïdes le plus important jamais annoncé publiquement. Le partenaire : Schaeffler, l’équipementier industriel allemand de 23 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Les premiers robots HMND 01 entreront en service avant la fin 2026 sur des sites de production en Allemagne.
L’accord, dévoilé le 13 mai depuis Londres, prévoit le déploiement d’un nombre à quatre chiffres d’unités à roues dans les usines Schaeffler à l’horizon 2032. C’est, à ce stade, la plus grosse commande connue dans l’industrie des humanoïdes, devant les contrats Figure-BMW ou 1X-MercedesPay. Humanoid, fondée par Artem Sokolov en 2024, devient ainsi la plus jeune entreprise à décrocher un déploiement industriel à cette échelle.

Deux usines allemandes, deux missions distinctes
Le déploiement initial court de décembre 2026 à juin 2027 et se concentre sur deux sites Schaeffler. À Herzogenaurach, le siège historique de l’équipementier en Bavière, les robots prendront en charge la manutention de cartons dans un environnement de production réel. Cette tâche avait déjà été validée en proof-of-concept ces derniers mois.
À Schweinfurt, l’approche est plus progressive. Les trois premiers mois servent à valider l’intégration et les capacités du robot. Les trois suivants visent à tenir une cadence proche de la production complète, en continu. C’est l’étape qui détermine si l’humanoïde tient économiquement la route face à un opérateur humain ou un AGV classique.
Modèle Robot-as-a-Service et accord actuateurs
Le contrat repose sur un modèle Robot-as-a-Service. Humanoid loue ses machines plutôt que de les vendre, et fournit le logiciel de fleet management, la maintenance, le support 24/7, les mises à jour et la gestion de performance en continu. C’est le même schéma que Locus Robotics ou Boston Dynamics avec Atlas, et il est en train de devenir la norme pour la robotique mobile industrielle.
Plus inhabituel, Humanoid achète aussi des composants à Schaeffler. Un accord de cinq ans fait de l’allemand le fournisseur préféré d’actuateurs pour les plateformes à roues du britannique. Plus de 50 % des actuateurs de joints jusqu’en 2031 viendront de Schaeffler, ce qui représente, selon les deux entreprises, « un volume à sept chiffres » d’unités. Concrètement : des millions d’actuateurs.
Schaeffler, qui fabrique déjà des roulements et des composants de transmission pour l’automobile et l’industrie, sécurise ainsi un nouveau client à forte croissance tout en se positionnant comme un acteur clé de la robotique humanoïde. Pour Humanoid, c’est une supply chain européenne, à proximité immédiate des usines à équiper.
Sokolov pousse l’IPO en 2030
« Avec Schaeffler, l’un de nos partenaires industriels clés, nous faisons un pas important pour intégrer la robotique humanoïde dans les opérations de production mondiales », déclare Artem Sokolov, fondateur et CEO de Humanoid. La société venait d’annoncer la veille viser une introduction en bourse aux États-Unis vers 2029-2030, avec 34 000 précommandes au compteur et zéro investisseur extérieur déclaré.
Le HMND 01 est un humanoïde à roues, conçu pour la logistique et le picking industriel. Il tourne sur du Nvidia Jetson Thor et a déjà été testé chez Siemens à Erlangen. Avec ce deuxième client industriel allemand de premier plan, Humanoid valide en accéléré sa thèse : un humanoïde, plusieurs usines, le même modèle commercial.
Les deux entreprises annoncent qu’elles iront ensuite au-delà de la manutention. Assemblage et conditionnement avec préhension fine sont à l’agenda. C’est précisément là que se joue la rentabilité réelle des humanoïdes en usine, quand ils remplacent du travail manuel à valeur ajoutée plutôt que de pousser des cartons.
Source : RoboticsTomorrow
